29 novembre 2016 ~ 7 Commentaires

19 erreurs fatales pour ne pas avoir un cheval souple

Pour aller plus loin : cliquez ici

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Vous me l’avez tous dit dans mon sondage ;

Ce dont vous rêvez le plus c’est d’avoir une grande complicité avec votre cheval.

Obtenir son adhésion, travailler avec plaisir en pleine harmonie et confiance dans le respect mutuel.

Qu’il vous comprenne et que vous le compreniez avec les indications les plus fines à peine perceptibles par les spectateurs autour.

Pourtant, si celle-ci est relativement facile à acquérir à pied, c’est beaucoup plus difficile à cheval.

Combien de fois avez vous constaté que votre cheval n’obéissait pas ? Qu’il ne comprenait pas ? Qu’il résistait ? Voir même qu’il ne vous respectait pas ?

Frustrant non ?

Surtout si vos amis toujours prêts à aider vous donnent des solutions plus expéditives les unes que les autres.

Qui n’a jamais vécu ça ?

Mais au fait, pourquoi est-ce si compliqué  ?

Et bien simplement parce que monter les chevaux leur demande plus d’efforts.

Mais ce n’est pas la seule raison.

Lorsque nous les montons, nous les faisons souffrir la plupart du temps sans nous en rendre compte.

La majeure partie des problèmes que nous rencontrons avec les chevaux montés proviennent de douleurs physiques.

Pourtant, la plupart du temps, nous les attribuons à de la mauvaise volonté.

Et c’est bien là notre erreur.

Si vous pensez que j’ai tord vous partez de loin mais même moi qui en suis persuadé, j’ai toujours beaucoup de mal à mettre cette théorie en pratique.

C’est le syndrome du faîtes ce que je dis, pas ce que je fais.

Ce n’est absolument pas naturel de résonner de cette façon et de plus cela va à l’encontre de ce que l’on nous a toujours appris.

En écrivant sur ce blog, ça m’oblige à me rappeler mes principes.

Se dire ; je n’arrive pas à faire cet exercice, quel est le problème physique de mon cheval qui l’en empêche, c’est LA solution à tout.

Alors que penser ; mon cheval n’est pas en avant, ne veut pas faire ceci ou cela, se défend, etc. ne vous mènera pas bien loin.

La base que l’on doit toujours rechercher est la souplesse physique qui nous donnera la souplesse mentale.

C’est François Pignat, élève de Nuno Oliveira, qui m’a rappelé qu’un cheval qui a un bon physique a forcément un bon mental.

Aussi, j’ai relevé 19 erreurs courantes qui nous empêchent d’atteindre cet objectif.

Accrochez-vous.

1. ne pas avoir un cheval calme

Il est clair qu’un cheval énervé ne sera pas souple.

Aussi, il faut attendre qu’il se soit calmé pour pouvoir le travailler. C’est la base.

J’ai créé une étude sur comment avoir un cheval calme. A ma connaissance, il n’existait rien jusqu’à présent sur ce sujet.

Allez savoir pourquoi sur un sujet aussi essentiel.

Pour plus d’informations : cliquez ici

2. le sortir une heure par jour

Un cheval a besoin de bouger plusieurs heures par jour.

Même si les chevaux ont une capacité d’adaptation hors du commun, en abuser n’est pas une bonne chose.

Dans la nature, un cheval marche 15 heures par jour.

Que se passerait-il si vous restiez au lit 23 heures par jour ?

A moins que vos chevaux vivent dehors, demandez vous toujours comment vous pouvez faire pour qu’ils marchent plus.

3. Ne pas l’échauffer

La première erreur qui abîme les chevaux c’est de les marcher dix minutes monté pour les échauffer. J’en ai déjà parlé. Mettre du poids sur le dos des chevaux pendant dix minutes sans travailler est une aberration.

Marchez les en main si vous ne pouvez pas les mettre au marcheur, à la longe ou en liberté.

Vous pouvez également les travailler à pied avant de les monter. Cela améliore la connexion et la relation si vous n’êtes pas trop dur avec eux au sortir du box.

4. Serrer la ou les muserolles

Là, nous rentrons dans la maltraitance encouragée par les juges. Une muserolle serrée fait souffrir le cheval au niveau du palais, des barres, des mâchoires et même de la nuque. Rien que ça suffit à brouiller la connexion et la relation.

Les douleurs de bouche entraînent automatiquement des contractions.

Les chevaux sont vraiment gentils d’accepter ça.

5. Une selle trop sur les épaules

Même si on en voit de moins en moins, c’est encore une cause de souffrance des chevaux.

Le haut des épaules est une zone très douloureuse chez les chevaux.

Cela peut aller jusqu’à des boiteries ou des blocages.

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6. Une sangle trop serrée

Même si la sangle ne couvre qu’une petite surface, il n’est pas bon de laisser le cheval sanglé au maximum pendant une heure.

C’est une simple question de bon sens.

Le travail fractionné permet de dessangler régulièrement.

Évitez les sangles à élastiques qui ne relâchent jamais la pression.

7. utiliser des enrênements

Même si c’est à des degrés divers, tous les enrênements bloquent les chevaux et vont à l’encontre de la souplesse que l’on recherche.

8. Utiliser des moyens de coercition

J’entends par là : éperons, stick, cravache, voir guêtres plombées, etc. qui la plupart du temps ne sont pas utilisés dans la légèreté.

J’ai déjà démontré dans mes vidéos l’inefficacité du stick.

La dernière en date : https://youtu.be/BflScFBwDr4

9. ferrer devant et pas derrière

c’est de plus en plus à la mode d’avoir des chevaux à bascule. A quand les talons haut ?

Il est bien évident que surélever artificiellement l’avant main a des conséquences néfastes sur tout le squelette.

Si les chevaux peuvent supporter de ne pas avoir de fers derrière, ils n’en ont pas besoin devant. Ce n’est qu’une question de qualité de parage et de soins de la fourchette et de la sole.

10. Monter plus de 15 minutes sans interruption

On sait que 15 minutes, c’est le temps grand maximum pendant lequel le cheval peut supporter un poids sur son dos.

Après, ce sont des lésions musculaires garanties. J’en ai déjà longuement parlé dans plusieurs articles et dans mon livre.

Observez les réactions des chevaux montés depuis 20 minutes.

A moins qu’ils aient le dos déjà insensibilisé, vous allez voir leur gène pendant plusieurs minutes.

Après, ils ne sentent plus rien et on a l’impression que ça va mieux mais en fait, chaque jour de travail leur abîme un peu plus le dos et les insensibilise un peu plus.

Ainsi, au bout d’un moment, ils ne réagissent plus. On dit alors qu’ils sont dressés puisqu’ils ne se défendent plus. Pauvre équitation.

En réalité, on a coupé la courroie de transmission entre l’arrière et l’avant main et le cheval n’est plus aussi expressif dans ses allures.

L’exact opposé de ce que l’on recherche.

11. Ne pas travailler vers le bas

Le travail en extension d’encolure est un exercice d’assouplissement qui étire les muscles du dos.

Il ne faut pas en abuser mais s’en passer est aberrant car la souplesse des muscles ne peut s’obtenir que par étirement.

12. ne pas travailler en cercle

C’est Michel Robert qui dit : « si la volte n’existait pas, je n’y arriverais pas ».

Ça veut tout dire.

13. travailler toujours dans la même attitude

Rares sont les cavaliers qui changent l’attitude de leurs chevaux dans le travail.

Ils ont leur attitude favorite au grès des modes et n’en changent plus.

Inutile de dire à quel point c’est néfaste pour le physique du cheval.

14. Rassembler avant d’avoir étiré

Un muscle doit être étiré avant d’être comprimé.

C’est Catherine Bonnafous qui dit qu’un cheval c’est comme un accordéon, pour en tirer un son, il faut l’étirer avant de le comprimer.

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15. ne pas faire de transitions

Les transitions permettent justement des étirements et des contractions, des changements d’attitude. Ils sont donc indispensables pour développer la musculature du cheval.

16. Ne pas travailler de deux pistes

Je sais, le travail de deux pistes n’est quasiment pas enseigné.

Travailler de deux pistes sur le cercle est la meilleure façon de se passer d’enrênement. Cela marche avec tous les chevaux en quelques secondes. Démonstration dans mon étude sur la souplesse.

Le travail de deux pistes est l’exercice d’assouplissement par excellence.

C’est peut-être pour cela que les bauchéristes qui ne l’utilisent pas passent autant de temps à assouplir leurs chevaux.

Comme dit Luis Valencia ; « le bauchérisme, c’est comme un antibiotique, on l’applique pendant 8 jours et après c’est fini« .

17. Travailler son cheval jusqu’à ce qu’il ait des courbatures

Ça, c’est assez étonnant comme démarche. Penser qu’en forçant on obtiendra plus.

C’est bien sûr le contraire qui se passe. C’est une perte de temps inutile.

Un cheval que ne saute pas régulièrement par exemple, aura forcément des courbatures après une grosse séance.

Il faudra attendre quelques jours avant de recommencer.

18. Travailler en force

C’est le spectacle des concours de dressage même si certains sont assez habiles pour le cacher.

Des chevaux qui ne sont pas légers et qui travaillent dans la contrainte.

D’un autre coté, si l’on ne respecte pas les points précédents, on n’a pas vraiment le choix.

Cette équitation ne sent pas bon mais elle est souvent pratiquée en toute bonne foi par les amateurs.

Pendant 30 ans je n’ai pas su qu’une autre équitation existait. Le secret était bien gardé.

19. Et pour finir, ne pas appeler d’ostéopathe

On me dit toujours qu’un travail bien conduit remplace l’ostéopathe.

C’est peut-être vrai même si je ne l’ai jamais constaté.

Par contre, ce qui prend un heure à l’ostéopathe prend un an au dresseur.

Il faut déjà tellement de temps pour préparer un cheval qu’il est inutile d’en rajouter.

De plus, pendant le temps où le cheval a des problèmes physiques, on va toujours lui en demander trop et de toute façon, ça lui sera néfaste.

Voilà, vous êtes arrivé au bout.

Si vous respectez bien ces 19 principes, votre cheval sera comme une Ferrari au milieu des Twingo.

Et rappelez vous du plus important ; en équitation, nous sommes tous des ignorants qui souvent s’ignorent.

Il faut donc se remettre en cause en permanence et arrêter de penser que c’est de la mauvaise volonté de la part du cheval.

A l’opposé, certains ne demandent rien à leurs chevaux par peur de mal faire. Ils l’écoutent au lieu de le regarder.

Ce n’est qu’en faisant des erreurs, en les constatant et en changeant quelque chose que l’on progresse.

Un tout petit pas chaque jour et un jour on est en haut de la montagne à condition de ne pas perdre l’objectif de vue qui est bien d’améliorer la complicité.

Pour aller plus loin : cliquez ici

Articles en lien avec celui-ci :

comment obtenir un cheval tendu

un candide sur un concours de dressage

le travail fractionné

la musculation du dos

le poids du cavalier

Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’accompagne les cavaliers à mieux comprendre et respecter leurs chevaux grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique).

7 Réponses à “19 erreurs fatales pour ne pas avoir un cheval souple”

  1. merci pour cet article :-) très pédagogique !

  2. pas plus de 20 min ? la génétiques des chevaux d’aujourd’hui vient d’une sélection ancienne pour des chevaux porteur afin de parcourir des kms soit comme militaire puis chevaux de complet et enfin les poney de bacs à sable ,,, a part les poney d’imbéciles qui pensent qu’un cheval vit au box h 24 , les autres sont utilisé pour le sport et la balade

    Alors dire 20 min est supportable mais pas plus, est une erreur a constater les chevaux endurance, balade, western et autres

  3. Article enrichissant et je suis aussi assez étonné que la plupart des professionnels ne respectent pas le dos de leurs chevaux…

    Etant aussi un passionné, j’ai un site internet : https://www.avoirsoncheval.fr, n’hésitez pas à y jeter un oeil :)

  4. Très pertinent, merci.

    Pour avoir des vieux poneys retraités, J’ajoute qu’on a vite fait de montrer un de nos petits vieux à l’ostéopathe quand celui-ci vient voir notre cheval au travail. Je trouve que cela leur apporte beaucoup de bien-être.

    Nous-mêmes d’ailleurs avons tout intérêt à nous maintenir en forme, souple et tonique, pour le confort de nos chevaux. On pourrait presque l’ajouter en erreur numéro 20 : ne pas s’entretenir soi-même. :)

  5. Bonjour. Vos articles sont très intéressants mais et globalement je ne trouve pas d’articles et de commentaires sur les chevaux hyperlaxe. Cette très grande souplesse peut-être source de gros problèmes. Merci pour votre avis

    • reflexions equestres 6 mars 2019 à 12 h 38 min

      Je n’ai pas vraiment d’expérience de ce genre de chevaux. Comment ça se manifeste ? C’est au niveau des boulets ? Personnellement, je travaille surtout mes chevaux au pas donc ça doit poser moins de problème. Au trot et au galop, je ne sais pas.


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