03 octobre 2016 ~ 9 Commentaires

Le véritable SECRET caché de BAUCHER (#1)

François_Baucher

Depuis que j’étudie cette méthode c’est-à-dire depuis la découverte du livre « Vallerine » d’Etienne Beudant, livre révélation pour moi, je suis fasciné par la rapidité des résultats obtenus par Baucher et plusieurs de ses disciples sur des exercices que l’on ne voit quasiment plus aujourd’hui même en y passant du temps.

Comment est-il possible de mettre en moins de 30 jours un cheval rétif sur des airs à mi chemin entre le cirque et la haute école ?

  • de la magie ? je l’ai longtemps pensé.
  • De l’art ? peut-être mais cela n’explique pas tout.
  • Des connaissances ? surement mais comment se fait-il que personne ne puisse les reproduire aujourd’hui.

Non, il devait y avoir autre chose. Mais quoi, je l’ignorais.

J’ai cherché la réponse à cette question quasiment quotidiennement pendant 12 ans sans résultats probants.

Je pensais la trouver dans les livres. Ne la cherchez pas, elle n’y est quasiment pas.

Découvrir des écuyers qui connaissent la réponse, je n’en ai pas trouvé. Au contraire, leur niveau m’a souvent déçu. L’art est difficile.

Pour vous mettre dans l’ambiance de l’époque Baucher, je vous cite un extrait d’ « un officier de cavalerie » du Général l’Hotte :

« Kléber, gris clair, était haut sur jambes, avait de la taille, du sang, l’encolure bien greffée et un beau port de queue, d’où ressortait un certain éclat. 

Mais, en réalité, c’était une rosse. Baucher l’avait trouvé, relégué dans le coin d’une écurie d’un manège de Lyon. Personne ne voulait plus le monter à cause de la défectuosité de ses allures et de son peu de solidité. 

Lorsque Baucher le produisit pour la première fois en public, il le possédait depuis vingt-huit jours et l’avait monté deux fois par jour. Le cheval, au cours de ce premier dressage, avait été indisponible pendant quatre jours.

Kléber était entier ; le voisinage des juments causait chez lui une grande surexcitation ; mais, une fois entre les jambes de Baucher, il semblait indifférent à leur approche.

Particularités de son travail :

Balancer des hanches à droite et à gauche eu marchant, les épaules suivant une même direction.

Pirouettes renversées sur trois jambes, le membre levé se présentant dans sa plus grande extension.

Pirouettes ordinaires, avec enlevé du devant, l’appui se faisant alternativement sur l’une et l’autre épaule, le membre opposé restant au soutien.

Transition, sans temps d’arrêt, du galop en arrière au passage.

Galop en arrière sur trois jambes, une jambe de devant restant au soutien. »

Des exemples comme celui-ci, il y en a plusieurs dont le plus célèbre est certainement Géricault du fait de sa grande rétivité.

Pour Baucher, ce genre de chose n’était qu’une simple formalité bien loin de ce qu’on peut voir aujourd’hui même par ceux qui s’en revendiquent. Plus le cheval était rétif et plus la méthode semblait efficace.

En plus d’obtenir les mêmes résultats que Baucher, Beudant mettait n’importe quel cheval au passage en une seule séance.

Il n’était pourtant pas contemporain de Baucher et son mérite est d’autant plus grand même s’il était tout de même pratiquement de la même époque que le capitaine Dumas ou Molier qui connaissaient ce secret.

Car il faut bien reconnaître qu’il y a un secret. Ce genre de résultats si rapides et autant hors du commun ne pouvait pas s’expliquer autrement.

Pourtant, à partir du général Decarpentry, le secret a été perdu. Pour quelle raison ? mystère. C’est d’autant plus incompréhensible que Decarpentry connaissait Beudant.

Alors, l’a-t-il ignoré sciemment ? je n’ai pas la réponse et je laisse la question aux historiens.

Derrière lui, Jean Claude Racinet ou René Bachara ne l’on pas découvert non plus. Je sais qu’en disant ça je vais me faire huer mais c’est mon avis.

Le secret était définitivement enterré, tout au moins en France.

Car en Espagne, un cavalier de saut d’obstacles, Juan Diego Trévijano, fait aussi quelques miracles de ce style.

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Ce qui est incroyable, c’est que Baucher et ses disciples aient autant écrit sans jamais parler des moyens employés pour arriver à de tels résultats en aussi peu de temps.

L’Hotte ne l’explique pas plus que les autres.

C’est pourtant à n’en pas douter, en lisant son livre « un officier de cavalerie » que Beudant a compris ce secret.

Mais lui-même ne l’évoque pas clairement dans ses écrits.

De ce fait, quasiment personne n’a pu le reconstituer jusqu’à aujourd’hui, tout du moins de façon consciente car je vous citerai des gens qui s’en rapprochent.

Oliveira pourtant a été formé à cette école avec son maître Miranda mais il s’en est éloigné pour aller vers une équitation plus traditionnelle et finalement plus complexe à mettre en œuvre.

Ne devient pas oliveiriste qui veut alors que la méthode Baucher s’appliquait quasiment aux débutants chevaux comme cavaliers.

En fait, je pense même que depuis l’après Beudant, tout le monde est tombé dans les pièges tendus surement involontairement par Baucher lui même ; les assouplissements, la légèreté, l’attitude première et deuxième manière, etc. Une bonne quinzaine de concepts inventés par lui.

Pourtant, vous pouvez assouplir votre cheval tant que vous voulez, il ne fera pas le dixième de ce que Kleber faisait.

Même remarque pour la légèreté si chère à Beudant.

Comme je l’ai déjà expliqué, j’ai obtenu la légèreté assez facilement et je n’en ai rien obtenu. Ce n’était pas la bonne piste.

Il faut se rendre à l’évidence, l’explication est ailleurs.

Pourtant, je vous assure que celle-ci est sous nos yeux. Regardez bien les photos de Fillis, Beudant, Molier, Dumas, Saint Phalle…

Tous ont appliqué cette méthode avec chacun leur façon de faire différente, plus ou moins violente mais tous ont des caractéristiques communes.

C’était tellement simple et évident que personne ne l’a vu, en tout cas pas moi.

De plus, cette équitation a quasiment été interdite en compétition.

Pourquoi ? je ne sais pas.

Les raisons sont obscures mais il y avait bien une réelle volonté de faire disparaître ce savoir si puissant. Encore Decarpentry ?

Y a-t-il eu trop d’abus ? les procédés étaient ils trop puissants ? les allures trop artificielles ?

On sait que les allemands ne voulaient pas de cette méthode.

Mais revenons à Baucher. Pourquoi l’a-t-il caché ?

Plusieurs explications sont possibles :

  • Il n’en avait pas conscience. Ses élèves l’auraient appris en le regardant travailler. C’est l’hypothèse que je privilégie. Les écrits de Baucher sont très obscurs quand il n’y a pas de dessins explicatifs.
  • Il voulait garder une supériorité. C’est possible, au moins inconsciemment.
  • Il le réservait à ses élèves. C’est ce qui s’est passé dans les faits mais je ne pense pas que ce soit voulu.
  • C’était trop simple pour en parler par écrit. Baucher comme Oliveira s’intéressait à des choses plus complexes comme les assouplissements par exemple. On a tendance, moi le premier, à disserter sur des problèmes compliqués et à négliger de parler des choses simples. Peut-être a-t-il voulu simplement élever le niveau dans ses écrits.

Seulement voilà, ces choses étaient si simples à l’époque, qu’elles ont fini par totalement disparaître aujourd’hui.

Pourquoi l’Hotte n’en parle pratiquement pas ? parce qu’il a du considérer que c’était évident pour tout le monde ou sans intérêt.

C’est d’ailleurs peut-être ce que vous penserez quand je vous l’aurais révélé.

Détrompez-vous. C’est la chose la plus puissante pour dresser en haute école façon Baucher.

Et ce, quel que soit votre niveau équestre ou celui de votre cheval. Si votre cheval est rétif, ce sera encore plus spectaculaire.

Pourquoi Beudant n’en parle quasiment pas non plus ? surement pour les mêmes raisons que l’Hotte.

On ne peut pas penser qu’ils auraient voulu garder ce secret pour eux pour avoir une supériorité sur les autres dresseurs. C’est pourtant ce qui s’est passé dans les faits.

Bien sûr, ils ont été aidés en cela par la disgrâce qui a toujours accompagné la méthode Baucher.

Vous comprenez à quel point le secret que je m’apprête à vous révéler est d’une importance capitale.

Aujourd’hui, il ne nous reste plus que mensonges, tromperies, ignorances, dénigrement, etc.

Nous devons faire bouger les lignes. Sinon rien ne se passera et l’ignorance actuelle continuera.

Je ne suis pas Bauchériste car je ne souhaite pas m’enfermer dans une seule méthode mais je ne supporte pas de ne pas comprendre comme c’était le cas jusqu’à présent.

Cet article est en deux parties car il faut bien que je fasse durer un peu le suspens.

Ce que je vais vous révéler est bien trop important et m’a pris 12 ans de ma vie à découvrir.

Ça mérite un petit effort.

Pour vous faire patienter, je vous offre un tableau chronologique des Bauchéristes de Baucher à Racinet. Je pense qu’il est intéressant. J’en ferai l’analyse dans le prochain article.

fichier pdf baucher

Je vous expliquerai également comment j’ai réussi à reconstituer le puzzle. Comment j’ai pu résoudre cette énigme qui parait si complexe et qui est pourtant simplissime.

Attention, je ne dis pas que 30 jours suffisent pour faire du galop en arrière sur trois jambes. Pour ça, il faut un tact et une expérience considérable. Mais si vous avez le savoir de base, rien n’est plus impossible. Pour peu que votre cheval ait un minimum de talent également.

Baucher travaillait ses chevaux deux fois par jour ce qui en un mois fait soixante leçons. Cinquante deux pour Kleber. Cela était possible car ses chevaux ne fatiguaient pas dans le travail. Il les travaillait d’ailleurs la plupart du temps en place.

J’ai essayé cette méthode dès que je l’ai découverte et j’ai mis instantanément au passage ma jument qui s’y refusait depuis que je n’ai plus une selle adaptée pour elle. J’en attends une nouvelle d’un jour à l’autre.

Le pire, c’est qu’elle est rentrée sur le terrain avec la ferme intention de ne pas travailler, à la limite de la rétivité.

La veille encore, j’aurais renoncé à le demander. Mais là, l’occasion était trop belle de tester la méthode.

Lorsque quelques minutes après, elle m’a fait quelques foulées de passage, je n’y croyais pas.

Comment cette méthode pouvait elle être si puissante ?

Aussi, j’ai décidé de l’appliquer sur ma jument de trait qui me sert pour les expériences puisque je ne la travaille jamais. Je veux voir en combien de temps elle va piaffer ou passager à pied et monté.

Je précise qu’elle ne connait ni la main, ni la jambe et encore moins l’assiette.

Je ne promets rien. On verra bien. Vous pourrez suivre ses progrès en vidéo.

Vous pouvez maintenant lire la suite de cet article ici :

https://progresseravecsoncheval.com/le-veritable-secret-cache-de-baucher-2/

Articles en lien avec celui-ci :

La vérité sur l’équitation de tradition française

https://progresseravecsoncheval.com/le-veritable-secret-cache-de-baucher-2/

Pour aller plus loin : cliquez ici

Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

9 Réponses à “Le véritable SECRET caché de BAUCHER (#1)”

  1. Merci pour tous ces dires, si bien écrit, plein d’intelligence et d’analyse, je fais le même travail avec un petit pur sang ensellé, soit disant inepte à la selle, j’aime les chevaux, tous les chevaux !!!

  2. Bonsoir,
    Trop trop bien!!!
    Quel régal de vous lire. Je ne suis pas d accord sur tous vos sujets mais je respecte grandement votre travail passionné. Etant moi aussi dans la recherche depuis de nombreuses années c est agréable de trouver des personnes comme vous sur le chemin.
    Quel bonheur pour vous si vous avez percé le mystère et merci de partager le fruit de ces années de recherche.
    Salutations équestre.
    Geraldine.

    • reflexions equestres 7 octobre 2016 à 21 h 06 min

      Votre commentaire me fait vraiment plaisir. En effet, ça m’a demandé tellement de travail de recherche et de réflexion derrière tout ça même si au final je le présente de façon simpliste et raccourcie.

  3. Bonjour Laurent,

    Article très intéressant.

    Je pense aussi que cette idée se retrouve dans des exercices très rapides à appréhender dans le dressage du cheval, comme le pas compté.

    Cette allure fait typiquement appelle à la conscience du cheval à qui l’on demande de prendre conscience du lever/poser alternatif de ces quatre membres. In fine, Comme tout mammifère qui se déplace, à commencer par nous, le cheval ne réfléchit pas à l’utilisation de ses membres dans la marche… il marche, tout simplement.

    Je me garderai d’aller au delà sur des sujets

    Dans le pas compté, le cheval prend conscience de la mécanique de son déplacement, de sa masse, du transfert d’équilibre de sa masse et se connecte littéralement à l’attention de son cavalier (tant que je le demande, soit dans l’attention de ton pas qui doit être le plus lent possible).

    Le pas compté un peu travaillé, les départs au trot depuis le pas compté amènent tout naturellement au passage naturel (le cheval part au trot avec le soucis d’un antérieur qui se lève et avance le moins possible).

    Mais attention, pour obtenir un pas compté qui fonctionne bien, et à fortiori le cheval monté, et encore plus une demande de transition au trot qui se fasse avec la même légèreté que dans le pas compté, il faut être capable de freiner le corps du cheval sans que ce dernier ne recule ses oreilles, autrement dit, reste dans la mise en main nécessaire à la conservation de son équilibre. Et c’est là que tout le travail de la mise en main par les flexions à pied de Baucher puis en marche de Fillis prennent tout leur sens. Le travail à pied est un accélérateur formidable de performance dans le dressage du cheval.

    Il y a, à mon sens, un bauchériste qui explique très bien « le Secret » et qui d’ailleurs n’est pas mentionné dans votre généalogie, c’est Henri de Bussigny. L’idée du cheval « marionnette » est chez lui poussé à son paroxysme.

    Après, il faut avoir envie de monter un cheval dans cette philosophie bauchériste qui reste malgré tout assez mécanique.

    Très intéressante votre approche du sujet en tout cas. Merci d’échanger tout cela sur ce blog que je trouve toujours très intéressant.

  4. Je viens de consulter votre tableau des Bauchéristes il y en a à ajouter notamment Faverot de Kerbech dont Beudant à profiter indirectement de l’enseignement. On pourrait aussi ajouter Jean d’Orgeix au 20° siècle dont Isa Danne se réclame.
    Cordialement et bravo pour votre site

    • reflexions equestres 15 juillet 2017 à 11 h 03 min

      Faverot est bien dans mon tableau en 7ème position. Je n’ai pas mis d’Orgeix car il avait quand même sa propre méthode mais ça se discute.

  5. Je ne sais pas si Baucher avait un véritable secret,mais j’ai quelques réflexions à vous livrer. Baucher développe sa methode à une époque qui baigne dans le rationalisme le XIX°siècle où la science l’emporte sur la religion dans l’appréhension du monde. Baucher a pu être novateur dans le sens où n’étant pas issu du moule traditionnel (sans être autodidacte pour autant) il a pu réinventé l’équitation en s’appuyant sur le mode de pensée de son époque. Le rationalisme (comme en témoigne le titre de son ouvrage « dictionnaire raisonné d’équitation »)même s’il semble avoir été lui même très intuitif ce qui expliquerait le fait que sa méthode reste à bien des égard obscure. Vis à vis de ses disciples au moins les meilleurs (L’Hotte, Faverot de Kerbech) Baucher semble avoir surtout été un exemple qui à montrer que certains mouvements étaient possible et quelques principes était nécessaire pour les accomplir ensuite les disciples se sont débrouiller en poursuivant la voie du maitre et en s’en écartant au besoin. En se sens Baucher et très moderne dans le sens où il ne façonne pas ses élèves.
    L’Hotte dans « un officier de cavalerie » signal un aspect peu souligné du talent de Baucher à savoir sa capacité à exploiter les capacités et défauts de ses chevaux.
    Tel cheval piaffe campé, tel autre est spécialiser dans le changement de pied etc. Certes Baucher a du composer avec la cavalerie qu’il avait mais il savait surtout l’exploiter au mieux.
    Une réflexion concernant Beudant dont je découvre les écrits ce qui frappe par rapport aux autres (Fillis notamment)est qu’il semblait envasager les airs de haute école comme des exercices et non une finalité. Ainsi explique t-il qu’il a dressé un cheval au galop sur trois jambes et au piaffé en arrière pour fortifier ses reins.


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