02 avril 2016 ~ 24 Commentaires

Comment je suis passé à une équitation sans coercition

Federico Caprilli en 1958

Federico Caprilli en 1958

Et oui, j’ai décidé de passer à une équitation sans contrainte.

Remarquez, au point où j’en suis dans mes réflexions, c’était inévitable. C’est en lisant deux papiers, un de Sylvain Baulieu, l’autre d’Andy Booth que j’ai pris cette décision. En effet, ils expliquent que ce n’est tout simplement pas possible.

Mes recherches personnelles me font penser que si. D’ailleurs Lorenzo ou les frères Pignon en sont, je crois, la preuve vivante.

Il existe une méthode qui permet d’y arriver.

Aujourd’hui, je vais donc vous parler des méthodes d’apprentissage des chevaux et des cavaliers tant je pense que nous avons de progrès à faire et que les deux sont liés.

Pour cela, je vais encore et toujours vous parler d’éthologie, un des trois piliers de mon triangle de la réussite.

Pourquoi ? parce que l’éthologie élimine déjà la punition encore trop souvent utilisée en équitation.

Comme je connais d’avance toutes les réflexions que ça peut engendrer, je vais citer des auteurs anciens pour bien montrer que tout cela n’est pas nouveau.

« Il ne faut pas contraindre le cheval par la force mais le gouverner par la douceur et les récompenses » Xénophon

Ou encore :

« Le libre consentement du cheval amène plus de commodités que les remèdes par lesquels on tache de le contraindre » Salomon de la Broue

En éthologie, il existe globalement deux types d’apprentissage ; le renforcement négatif qui consiste à créer un inconfort au cheval jusqu’à ce qu’il donne la bonne réponse (on enlève l’inconfort quand le cheval fait bien) et un renforcement positif qui lui consiste à récompenser le bon comportement et à ignorer le mauvais (on ajoute une récompense quand le cheval fait bien).

Je pense que dans la mesure du possible, nous ne devrions utiliser que le renforcement positif.

Pourquoi ?

Tout d’abord, parce que le renforcement négatif entraîne inévitablement un stress.

Le renforcement positif est plus motivant.

J’ai fait des recherches sur Internet pour élaborer cet article et je n’ai quasiment pas trouvé de gens qui ne travaillent qu’avec le renforcement positif. Deux au Québec et trois en France. Egalement très peu d’articles, quelques vidéos. J’ai vu plus de choses sur les chiens et même les humains que sur les chevaux. Pour les chevaux, je n’ai guère trouvé que le livre d’Hélène Roche « motiver son cheval ».

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Pour ceux qui ne connaissent pas le renforcement positif, vous pouvez lire le fichier ci-dessous.

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Les grands principes que j’ai trouvés concernent en fait les humains mais peuvent être transposés aux chevaux. Ils sont extrêmement importants, lisez les attentivement :

La base : pour qu’un comportement existe, il faut qu’il soit payant.

Cela veut dire que nous ne faisons rien sans raison, nos chevaux non plus.

Pour apprendre, nous avons besoin de motivation soit externe (récompense), soit interne (plaisir).

Une motivation externe devient interne par répétition. On prend plaisir dans le comportement.

Exemple : se brosser les dents.

Pour apprendre, il faut réussir. Avec des réussites successives, on crée un environnement sécurisant dans lequel les erreurs sont permises.

Pour apprendre, il faut faire des erreurs et corriger nos erreurs.

Si l’on corrige les erreurs par la punition, l’élève veut arrêter de faire des erreurs et l’on freine son apprentissage.

Les erreurs ne doivent jamais être punies, on doit aller de succès en succès.

En équitation, le grand cavalier est d’ailleurs celui qui anticipe les erreurs de son cheval afin d’éviter qu’elles apparaissent.

Décomposer les séquences en suffisamment d’étapes afin qu’il n’y ait pas plus de trois essais sans succès.

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Sinon, diminuer la tache ou trouver une motivation.

Faverot de Kerbrech ne disait pas autre chose : « pour arriver promptement, ne pas se presser mais assurer solidement chacun de ses pas »

Si l’élève rate, c’est la faute de l’enseignant.

Cette technique a plusieurs avantages démontrés :

-          Elle crée une meilleure mémoire à long terme.

-          Elle multiplie entre 2 et 5 la vitesse et la qualité de l’apprentissage.

-          C’est une pédagogie de la joie, de la motivation, du plaisir.

Comment y parvenir ?

Pour cela, il faut forcément se changer soi même.

Etape 1. Reconnaissez que vous avez besoin de changer, décidez que vous voulez changer.

Etape 2. Fixer un objectif comme par exemple une séance avec un cheval sans renforcement négatif. C’est déjà beaucoup.

Etape 3. Cocher un tableau ou un calendrier si l’objectif est atteint. Il faut absolument quantifier nos réussites pour rester motivé.

Ces étapes sont nécessaires vu la difficulté du challenge relevé sinon ce sera l’échec assuré.

Je me suis longtemps demandé comment il était possible de motiver les chevaux pour qu’ils se donnent à fond dans les compétitions. C’était un mystère pour moi.

Pour cela, il me semble possible de ne travailler que par renforcement positif c’est-à-dire ignorer les erreurs. Or je me rends compte que comme tout le monde, je travaille plus sur des renforcements négatifs.

Pourtant, Le stress ou la douleur tuent l’apprentissage. Pour qu’un comportement existe, il faut qu’il y ait une récompense, il faut qu’il soit payant.

Aussi, je me lance le défi de ne plus dresser que par renforcement positif.

Bien sûr, pour cela, il est préférable que les besoins vitaux du cheval soient satisfaits ; manger et marcher de nombreuses heures par jour, avoir des relations sociales avec ses congénères.

Mes chevaux vivent maintenant tous en paddock-paradise. Ce n’est donc pas un problème pour eux.

Tout le monde pense travailler en renforcement positif mais combien le font réellement et uniquement de cette façon ?

très peu et pour cause. Non seulement c’est très difficile pour le formateur mais ce n’est surtout pas naturel. Il est tellement plus facile de réprimander ou de critiquer.

Le renforcement négatif est plus rapide lorsqu’on est pressé, c’est-à-dire tout le temps.

Je me suis donné du temps pour y parvenir tellement je pense qu’il y a de chemin à faire. Quand on y réfléchit, on se rend compte du nombre indécent de contraintes que l’on impose à nos chevaux ; licol, longe, filet et mors, enrênements, éperons, attache, box, manège et carrière, clôtures, etc.

J’ai dit sans contrainte, je n’ai pas dit sans conditionnement. Mais qui n’est pas conditionné ? on se lève le matin pour aller travailler, c’est déjà un conditionnement. Je passe sur la publicité, la télévision, les jeux vidéo, les jeux d’argent, etc. Je vous laisse y réfléchir.

L’enseignant doit savoir décomposer chirurgicalement l’apprentissage qu’il va vouloir faire apprendre à son élève. Ce n’est pas toujours facile. De plus, il doit trouver une motivation suffisamment importante pour que l’élève accepte de faire l’exercice. C’est également très compliqué.

En permanence le cheval sait que s’il le veut il peut se soustraire au travail mais que son intérêt est de nous faire plaisir. C’est tellement plus sécurisant pour lui comme pour nous.

Une fois la relation crée, il faudra la conserver en compétition ou tout est plus compliqué, le temps est minuté, l’espace limité, le stress maximum. Impossible d’appliquer les mêmes techniques qu’a la maison.

La seule solution sera de s’y préparer progressivement en DECOUPANT les étapes, il n’y a pas de raison de ne pas y arriver si la progression est suffisamment aménagée.

C’est sûr que sortir un quatre ans juste débourré en concours va poser de nombreux problèmes mais je connais beaucoup de professionnels qui prennent le temps de les préparer en faisant des stages, des sorties chez des collègues, etc. Le tout étant de ne pas tout demander la première fois ; monter dans le camion, rester attaché, travailler avec d’autres chevaux au paddock, enchaîner un parcours, … On ne peut passer à l’étape suivante que lorsque la première est réussie. S’il l’on n’y arrive pas, il faut faire des pauses et laisser au cheval le temps de réfléchir. Mais cela, tous les véritables dresseurs le savent.

Le challenge que je croyais le plus difficile était d’aller chercher un cheval au milieu du troupeau, le ramener sans licol et sans longe à l’écurie pour ensuite le faire travailler.

Séparer un cheval de ses copains est surement ce qu’il y a de plus compliqué. Je l’ai réussi facilement au début mais comme je ne vais voir mes chevaux que pour les faire travailler, leur motivation est maintenant plus difficile à obtenir.

Je dois parlementer pour y arriver. Ils m’obligent à plus de délicatesse dans mes demandes mais ce n’est pas du temps perdu. Je le rattrape ensuite largement dans le travail où les progrès sont beaucoup plus rapides du fait de la motivation obtenue.

En résumé, je passe plus de temps avant le travail, c’est une sorte de préparer psychologique, et moins dans le travail où les progrès viennent plus naturellement.

Avec les chevaux, il faut accepter de perdre du temps pour en gagner. C’est une règle d’or.

Le renforcement positif oblige à décomposer un apprentissage ce qui demande un effort intellectuel important pour le dresseur. Ça doit se préparer, ça ne peut pas s’improviser.

Pour moi, ça n’a rien à voir avec la phrase de Faverot de Kerbrech : « demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup » qui se contente d’une faible réponse à une grosse demande ce qui à mon sens va contre le principe de légèreté, mais ça c’est un sujet déjà   traité ici. C’est pour cela que beaucoup modifient cette phrase à leur sauce. Toutes les versions existent.

Plus les marches sont petites, plus l’élève pourra les monter facilement. C’est d’ailleurs ce qu’avaient compris les enseignants de l’école de Versailles au XVIIIème siècle dont les élèves leurs reprochaient d’apprendre trop lentement. En allant dans l’excès, ils avaient cependant perdu la motivation des élèves.

En renforcement positif, on considère que l’exercice doit donner lieu à une bonne réponse au pire à la troisième demande. Cela n’est vraiment pas évident et tout l’enjeu de l’apprentissage est peut-être là. Savoir décomposer.

Pour décomposer un exercice, nous avons plusieurs possibilités qui toutes passent d’abord par le travail à pied, en liberté, en licol, en filet, en longues rênes,… Celui-ci permet d’apprendre le mouvement au cheval.

Vient ensuite le travail monté au pas. On peut tout apprendre à un cheval au pas. Les autres allures sont inutiles. De Lubersac à la fin de sa vie ne dressait qu’au pas. On peut regretter aujourd’hui que le travail au pas n’existe quasiment plus.

Une fois l’exercice obtenu au pas, on peut le demander au trot et seulement lorsqu’il est maîtrisé au trot, on peut le demander au galop.

Les combinaisons d’exercices sont également très efficaces pour amener le cheval à faire le mouvement recherché. Se rapporter à l’article que j’ai déjà consacré à ce sujet le préparer.

Je ne vois pas d’autre progression possible. Brûler les étapes est contreproductif.

Par exemple si je veux galoper en arrière, je dois maîtriser le reculer à pied au pas et au trot, peut-être même au galop. Ensuite, le reculé monté au pas doit se faire sans aucun problème. A ce sujet, combien de chevaux de dressage de haut niveau reculent facilement ?

Ensuite, il faut reculer au trot ce qui est en fait un piaffer en arrière. Pour cela, il faut déjà piaffer sur place et en avançant au pas et au trot. Lorsque le cheval en est à ce stade, on peut envisager l’apprentissage au galop en passant d’abord par la levade et le galop sur place.

Dans cette progression, on peut y inclure le travail aux longues rênes. Je soupçonne d’ailleurs ceux qui changent de pied au temps à pied en liberté de l’avoir d’abord appris aux longues rênes.

Dans ce cas, la progression est différente puisqu’on commence par demander monté, je passe sur tous les exercices préparatoires (galop à faux, balancé d’appuyés, changements isolés, changements rapprochés, etc.) pour l’obtenir ensuite à pied.

Dans ce qui est appelé les échelles de progression, quelles qu’elles soient, les marches sont beaucoup trop abruptes pour pouvoir être appliquées telles quelles. De ce fait, elles n’ont que peu d’intérêt.

Qui dit renforcement positif dit clicker. Vous remarquerez que Je n’en ai pas encore parlé car ce n’est pas obligatoire. Je ne l’utilise pas toujours mais dans certaines circonstances plus compliquées, ça peut aider.

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Le clicker a l’avantage de ne pas émettre de critique. C’est bon, il émet un bruit, c’est mauvais, il n’en fait pas.

Le click est déjà en soi une récompense, une reconnaissance du geste juste.

Je l’ai remplacé monté par un « BRAAVE » prononcé avec une voix très grave et suivie d’une récompense, comme brouter un brin d’herbe ou descendre de cheval et dessangler.

Là encore les puristes vont hurler mais avoir un clicker dans la main monté, ce n’est vraiment pas évident. Je pense arriver au même effet. Il ne faut surtout pas que le ton de la voix ait une connotation quelconque. Il faut s’appliquer à prononcer le mot toujours de la même façon. C’est l’avantage du click qui ne produit aucun jugement de valeur.

Nicolas Blondeau dans sa méthode de débourrage utilise « OUI, VOILAA ». C’est le même principe.

L’absence de click où de mot d’encouragement devient déjà une punition. Relativement douce, reconnaissons le.

J’ai découvert que le clicker a d’abord été inventé pour les humains.

Les dauphins, les chiens et enfin les chevaux ne sont venus qu’après.

Utiliser le clicker pour le cavalier, vous allez me dire, il est fou. C’est la réflexion que je me suis faite la première fois mais en étudiant la chose, j’ai changé d’avis. Ça s’utilise également en entreprise. Pas en France bien sûr où l’on a toujours des décennies de retard.

Pour le cavalier ça semble froid et impersonnel.

Je pense que l’on peut vite dépasser ce stade et en faire un jeu.

On peut même imaginer enseigner en même temps au cavalier, au cheval et au spectateur ; le cheval qui entend le click sait qu’il a bien fait. Le cavalier va comprendre à quel moment l’exercice est bon et le spectateur qui tient le click devra rechercher le geste juste qu’il aura préalablement mentalisé. L’enseignant n’a plus rien à faire qu’à présenter l’exercice et expliquer ou de préférence montrer le geste juste.

Il est scientifiquement prouvé que le spectateur dans ce cas apprend autant que le cavalier. Une révolution, non ?

Les reprises pourraient ainsi être de 20 élèves avec 10 chevaux par exemple ce qui doublerait la rentabilité du centre équestre. Sinon, celles-ci pourraient durer plus d’une heure puisque les chevaux auraient forcément des temps de repos ce qui leur est physiologiquement nécessaire.

Toute une révolution dans les techniques d’enseignement qui suppose déjà que l’enseignant soit à cheval pour pouvoir montrer. En effet, si l’élève n’a pas idée du geste juste, il ne pourra jamais le reproduire.

« Montrer l’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre, c’est le seul » disait Gandhi.

Ainsi, l’enseignant peut profiter de sa reprise pour travailler ou redresser un cheval au lieu de se plaindre qu’il n’en a pas le temps. Pour cela il n’a pas besoin d’être tout le temps dessus bien au contraire. Il ne monte que pour montrer l’exercice DÉCOMPOSÉ, c’est-à-dire très peu de chose pour que l’élève puisse le réussir à coup sûr.

Ha c’est sûr, il va devoir monter souvent pour montrer, d’où la nécessité d’un montoir.

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Prenons un exemple ; vous voulez faire sauter un obstacle isolé à vos cavaliers, chose somme toute beaucoup plus facile qu’un parcours.

Voyez le nombre de problèmes que ça pose qui expliquent que personne ne réussit correctement dans l’apprentissage traditionnel avant de nombreuses années ou alors en montant des chevaux parfaitement dressés.

Partir au galop, mettre en avant, en équilibre, tourner, être droit face à l’obstacle, garder sa cadence, trouver sa foulée, sauter dans un bon style, rester bien à sa place, retrouver équilibre, cadence, contrôle, rectitude à la réception, etc., etc., j’en oublie.

Tout cela dans une grande souplesse du cheval et du cavalier.

Vous prenez vos élèves pour des surdoués ?

A l’analyse, on voit bien que c’est une mission impossible sans décomposer les exigences. Cela explique d’ailleurs que beaucoup d’enseignants éliminent des problèmes, comme en utilisant des enrênements, au lieu de les traiter un par un.

Par exemple, travailler déjà l’abord sur une barre par terre, exercice déjà très difficile. Puis passer ensuite à la qualité de la réception avant de pouvoir lier les deux puis mettre un obstacle.

Même dans le travail de l’abord, il faudra limiter les exigences comme par exemple demander seulement une cadence constante ou seulement la rectitude.

Dans cette méthode, on ne demande qu’une seule chose à la fois afin que l’élève puisse réussir à coup sûr.

L’intérêt du renforcement positif sera évident pour l’élève cavalier qui n’aura pas peur de faire des erreurs pour rechercher par lui-même le geste juste récompensé par le click.

Cet apprentissage mental est sans conteste très supérieur aux autres.

Il intervient au moment exact de la réalisation correcte donc plus tôt que ne pourrait le faire la voix et surtout sans pollution par des expressions inappropriées du style « c’est bien, mais … », la phrase qui tue la motivation.

Enseigner devient facile pour des gens comme moi qui ne sont pas pédagogues puisqu’ils n’ont rien à dire. Juste à préparer les exercices, les montrer et laisser faire. Toute la philosophie de Baucher d’ailleurs avec les chevaux. Celui là, il a tout inventé.

Enseigner comme c’est pratiqué aujourd’hui, j’en serais bien incapable. D’abord parce qu’il faut savoir expliquer de façon pédagogique, avoir réponse à tout instantanément, ne pas décourager l’élève, comprendre pourquoi il ne réussit pas, etc..

Moi, il me faut souvent un long temps de réflexion pour trouver la réponse qui convient. J’admire les gens qui ont de la répartie. Qu’en j’en ai, c’est que je suis en colère et ce n’est jamais bon.

Souvent les écuyers refusent d’enseigner soit parce qu’ils ne sont pas pédagogues soit parce qu’ils jugent que les élèves n’en valent pas la peine. Avec ce système le problème serait résolu. Ils  auraient juste à clicker le mouvement juste. Pas de difficulté de compréhension, pas d’interprétation. Les choses seraient claires entre l’élève et le professeur. Par contre, cela suppose un travail individuel ou par groupe de deux élèves, un qui agit et un qui contrôle. C’est de l’enseignement participatif.

Je sais ce que l’on va me dire ; c’est impersonnel, ça n’apporte rien de nouveau, etc.

Pour moi, seul le résultat compte et je pense que l’essayer amènerait des surprises même si l’égo des enseignants traditionnels en prendrait un coup.

Un bon enseignant est celui qui se remet toujours en question.

Bien sûr, j’attends vos commentaires qui me sont toujours essentiels pour orienter mes écrits.

Pour aller plus loin : cliquez ici

Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

 

24 Réponses à “Comment je suis passé à une équitation sans coercition”

  1. Enseigner comme c’est pratiqué aujourd’hui, j’en serais bien incapable. D’abord parce qu’il faut savoir expliquer de façon pédagogique, avoir réponse à tout instantanément,
    Je partage cet article,sauf la phrase que j’ai reprise ci dessus. Un enseignant qui se respecte,qui respecte ses élèves,doit savoir dire,en réponse à une question d’un élève, »je ne sais pas,mais je vais y réfléchir et me renseigner ». L’honnêteté est facteur de credibilisation.

  2. Je comprends également ce souhait de ne pas contraindre et cette idée de décomposition des apprentissages, mais pour ma part si je pense que les aides fonctionnent en renforcement négatif, je ne les conçois pas comme vecteurs de stress ou de douleur. Inconfort dans une certaine mesure oui, mais les aides sont rapidement appellées à devenir des codes et quand elles encadrent elles sont là pour « aider ».
    Dubitatif aussi sur les limites du clicker training, j’imagine bien qu’on peut guider la comprehension du cheval pour certains apprentissages comme la jambette par exemple, mais pour les phases de gymnastique où on s’applique à mettre des feux au vert progressivement sur plusieurs minutes, la voix me semble plus appropriée pour guider le cheval.Le click étant trop ponctuel à mon goût.
    Dernier point, la voie que vous préconisez n’oblige t-elle pas à abuser des friandises ?

    • reflexions equestres 3 avril 2016 à 22 h 36 min

      Vous avez entièrement raison. Mon objectif est en fait que mes aides ne soient pas des renforcements négatifs. Donc pas d’éperons, rênes juste au contact, voir pas de rênes, pas d’enrênements. Des aides le plus discrètes possible. Tout un programme.
      Monté, la voix est préférable. C’est ce que j’explique.
      La friandise ne me pose pas de problème mais c’est pour répondre à cette question que je me suis inscrit à une formation.
      Nous sommes totalement en phase.

  3. en phase sur certaines choses oui, mais pour ma part,dans la recherche du cheval juste,je crois à la necessité d’un encadrement par les aides,l’excés de liberté laissant trop de place aux multiples et naturelles stratégies d’évitement de l’effort.

    • reflexions equestres 5 avril 2016 à 7 h 43 min

      Je suis d’accord mais l’évitement de l’effort provient forcément d’un manque de motivation du cheval. C’est cette voie que je veux explorer.

  4. bertrand de pontbriand 5 avril 2016 à 10 h 44 min

    C’est toujours un grand plaisir de lire vos réflexions. Heureusement ma jument Bahia ne sait pas lire et je ne vais pas essayer de lui apprendre car vos réflexions pourraient lui donner des idées et moi, j’ai bien envie qu’elle continue à me porter sur son dos sans discuter.

  5. bertrand de pontbriand 5 avril 2016 à 13 h 31 min

    Personnellement je n’ai pas encore essayé le clicker mais j’aimerais bien que vous nous donniez un exemple précis d’utilisation. Ce peut être très utile surtout quand « le bon geste » est immédiatement suivi par un moins bon comme dans l’apprentissage du piaffer, en ce qui concerne ma jument. Par exemple, le cheval fait une battue avec un postérieur qui tout à coup décolle bien du sol. Peut importe la façon dont je suis parvenu à l’inciter à faire cette première battue de piaffer, ce que je souhaiterais c’est lui faire comprendre c’est le pied postérieur bien haut. Il faudrait cliquer pile au moment où le cheval fait le geste c’est bien ça ? mais comment le cheval associe le cliquement à une réussite ? quel exercice de base demande-t-on pour qu’il comprenne ?
    En vous remerciant car si ce clicker marche avec ma jument, je l’essaierais bien avec deux ados pour une multitude d’applications …

  6. Alexandra Pernoud 6 avril 2016 à 12 h 58 min

    Je suis éducateur canin en renforcement positif et pratiquante du R+ avec mes chevaux…
    Je souhaite réagir a de nombreuses choses dans cet article: Tout d’abord tu parles de relation sans contraintes et tu cites JF Pignon…. Désolée mais ce Monsieur est au antipodes du renforcement positif. Sa méthode est dure, a telle point que parfois les chevaux qu’il prend en stage ont besoin d’une remise en confiance…
    Ensuite je crois que tu confonds un peu tout: Tu parles de décompostion et effectivement c’est très important de décomposer un exercice mais cela se fait également en renforcement négatif tout comme le clicker qui est juste un outil qui sert a « marquer » un bon comportement (Nicolas Blondeau utilise un marqueur vocal mais sa technique est basée sur du renforcement négatif).
    Autre chose: Tu peux très bien apprendre plusieurs comportements en même temps au clicker cela ne pose pas de problème.
    Ensuite le renforcement positif ce n’est pas uniquement de la récompense il y a un équilibre et donc de la punition aussi. Il est important de montrer que les gens qui travaillent en R+ ne sont pas bisounours.
    Alors tu l’as simplement évoquer un a moment donné (ne pas donner de récompense) mais cela va bien plus loin que cela: C’est de la punition négative (renforcement positif et punition négative vont ensemble comme le renforcement négatif et la punition positive): Autrement dit on enlève ce que l’animal veut obtenir (pas de friandise, pas d’attention, pas de liberté… Etc)… Le renforcement positif ne marche pas sans punition négative c’est donc important de l’expliquer
    Pour finir je ne pense pas que le clicker serait un outil révolutionnaire pour enseigner l’équitation tout d’abord parce que l’humain utilise énormément un langage verbale avec ses semblables… Couper cette communication n’est pas intéressante. As-tu déjà testé le clicker sur toi? Pour l’avoir experimenté je peux t’assurer que l’humain est vraiment très ralenti par rapport à l’animal (moins bonne conscience de son corps, etc..).Le clicker ne répond pas au « pourquoi » et il est donc important de garder le dialogue. Oui c’est un outil précieux et extrêmement précis qui peut être très efficace pour apprendre certaines positions par exemple mais ne peut en aucun cas remplacer le dialogue d’un enseignant (qui soit dit en passant peut tout a fait être en renforcement positif avec ses élèves et ne pas détruire leur confiance…)
    Voila je crois que j’ai fait le tour, attention donc à ne pas tout confondre!^^ on peut être en renforcement positif et utiliser de la punition, on peut être en renforcement négatif et utiliser un marqueur comme le clicker ;) et le chemin pour arriver au résultat est très important (bien plus que le résultat lui même) ;)

    • reflexions equestres 6 avril 2016 à 13 h 27 min

      Merci pour vos précisions très importantes. Mon objectif est sans coercition. Peu m’importe en fait la méthode que j’utilise pour y parvenir. Comme pour tous mes apprentissages, j’essaye de les connaitre toutes afin de pouvoir choisir celle qui sera la plus adapté le moment venu. Pour les humains, je n’ai pas testé mais j’ai vu des vidéos très convaincantes.

    • bonjour ,

      monitrice et ayant travaillé avec de nombreux dresseurs dont Pignon je peux vous confirmer que leur travail est loin d’être du renforcement positif…. le vitrine ne montre pas l’arrière boutique et les conditions de ces pauvres chevaux entiers sont carcérales. Le rêve est loin réalité …. embouchures comprises..
      les personnes travaillant REELEMENT en tenant compte du bien etre des chevaux sont RARES et loin de la rentabilité à tout prix!!! les chevaux coûtent et il faut rentrer des sous …encore et encore !
      Fanny Mauron

  7. Sur le fond, je suis d’accord avec votre recherche qui est très intéressante, et devrait être celle de tout cavalier qui se respecte – et respecte son cheval.
    Par contre sur les renforcements, il ne faut pas prendre « positif » et « négatif » au sens de jugement de valeur: Andy Booth explique très bien que R+ et R-sont à prendre au sens mathématique:
    - en R+, on ajoute quelque chose, qui peut être une récompense ou une punition (le coup de cravache est du renforcement positif au même titre que la carotte);
    - en R-, on enlève quelque chose, qui peut être soit une gêne, soit une condition agréable (cesser la pression de la jambe ou des rênes, ou sortir du pré avec les copains pour aller travailler).
    C’est pourquoi il est impossible de ne travailler qu’en R+, ou qu’en R- d’ailleurs, mais ce n’est pas grave!

    • reflexions equestres 11 avril 2016 à 9 h 30 min

      Vous avez raison, il faut que je creuse le sujet car tout le monde ne met pas les mêmes choses derrière les termes R+ et R-

  8. Article intéressant, je suis curieuse de la méthode sans récompense aussi. Mais comme la réponse ci-dessus, certaines choses dépendent aussi du cheval. Certains ne supportent pas les caresses d’autres adorent cela et selon les endroits, l’environnement, l’état d’esprit du cheval, une récompense peut devenir une gêne.
    La limite entre récompense et punition se défini selon l’individu donc et selon certains facteurs extérieurs. Pour ma part un apprentissage sans récompenses est donc plus clair car se base sur la décontraction, c’est la récompense ultime.

  9. Bonjour , commentaire au sujet de la vidéo. Ok intéressant, après dans le quotidien je mets un licol , sans coercition, pour la sécurité banalement ! je pense en être tout à fait être en connection , quand je vois comment monte et descend du van maintenant mon lulu.
    Une question , pourquoi le coude plié? obtenir le respect de distance de votre ami le cheval , un tic personnel, une habitude prise, et nous en avons tous de mauvaise ce qui n’est pas gênant au fond ;-) )
    cordialement
    ps= de toutes façons, respect car beaucoup de beaux parleurs moins de courageux à se montrer!
    une expérience auprès du groupe initialement très intéressant » les gueux ecuyers » me l’ a démontrer donc bravo à vous

    • reflexions equestres 5 juin 2016 à 12 h 33 min

      Le coude, c’est une technique que j’ai apprise dans ma formation « éduquer sans punition ni récompense ». C’est un code qui est bien utile dans l’apprentissage mais dont je dois pouvoir me passer sans problème. A suivre.

  10. Monsieur, merci pour ce superbe article, mais surtout merci pour votre remise en question et le respect dont vous faites preuve envers les chevaux. je partage sans compter vos articles et votre philosophie.
    Merci

  11. « le grand art est de caresser ou de punir a propos. Pour cela il faut saisir instantanément le moment de la concession ou de la défense. C’est le cas de rappeler le principe du dressage : LA CARESSE DOIT SUIVRE LA CONCESSION D’AUSSI PRÈS QUE LA CORRECTION LA FAUTE. »
    James Fillis
    Tout est dit!! reste a avoir le tact pour savoir faire la est le problème.

    • reflexions equestres 23 août 2016 à 16 h 51 min

      La correction, la faute, ne font plus partie de mon vocabulaire. Mes chevaux ont le droit de faire des fautes que je leur signale à la voix. D’ailleurs s’ils en font, c’est plutôt moi qui devrait être corrigé. C’est au minimum que je les ai laissé faire ou que je n’ai pas su demander ou encore que j’ai brûlé les étapes.

  12. Un dresseur ou un éducateur, si le mot passe mieux, a pour raison d aider a faire progresser son eleve. Le manque de savoir ou de tact peux être cause d action injuste dans ce but précis (correction) correctement utilisé (avec tact et savoir!) elle permet comme la caresse la progression rapide et dans la bonne humeur

  13. Oups il manque un bout.

    En résume:
    Ce n est pas cela que je souhaite
    Correction➡corrigé
    C est bien oui➡ récompense et réussite.
    Progression.
    Encore faut il avoir assez de tact et de savoir c est un autre débat.
    James Fillis et bien d autres écuyer on pris ce chemin qui n est pas si mauvais que certain pourrait le faire croire.
    Correction n est surtout pas égal de violence ou de manque de savoir et heureusement.
    Sans caresse il n y a pas de correction et vise versa c est l histoire du ying et de yang.
    Enfin c est mon avis actuel mais je respecte votre point de vue que j observe régulièrement.

    • reflexions equestres 24 août 2016 à 12 h 31 min

      Fillis n’était pas du tout tendre avec ses chevaux mais c’était une autre époque. Quand je lis ses explications pour justifier les corrections, j’y vois surtout de l’ignorance de sa part, notamment sur les problèmes purement physiques de ses chevaux qui les empêchent tout simplement d’obéir. A sa décharge, il ne pouvait pas avoir les connaissances d’aujourd’hui même si Baucher, qui était aussi violent d’ailleurs, les avait un peu.

  14. Aujourd’hui je suis persuadé que meme si scientifiquement nous avons percé certain mystère nous n avons jamais ete aussi éloigné de la psychologie animale et beaucoup de nos nouveaux »compagnon » on bien du mal a si retrouvé…
    Non il n ete pas tendre il est simplement JUSTE c est a dire dans un bon équilibre. Et je précise (je ne suis pas spécialement bauchériste) il n est pas le seul a récompenser le bien ou réprimer le mal d une action.
    Je précise également élever la voix est une réprime ou correction.
    Fillis me parait très satisfait de sa méthode ( que perso je ne trouve pas spécialement violente) et il peut en être fier car voila la un extraterrestre pour nous si intelligent humain actuel.
    Il ne faut pas oublier que a cette époque les gens vivaient réellement avec les chevaux pour bcp ils pensaient cheval n allons pas croire qu ils étaient barbares bien avant cette époque les textes en attestent.

  15. Il est juste qu’il y a beaucoup de moyens d’accéder aux méthodes et d’avoir des résultats. Je suis d’avis de voir cela avec ses propres chevaux. Il faut juste être plus malin qu’eux et anticiper.
    Le mot « juste  » reviens souvent, il veut pour moi tout dire. Le négatif est stimulant pour ma jument, au lieu d’insister et de forcer, c’est des éclats de rires puis on recommence avec plaisir. Dans le +ou- , je suis toujours la même gaie et souriante.
    Avoir le moral est très important pour transmettre l’apprentissage et de temps en temps une récompense minérale.

  16. Article très très intéressant.
    Comme d habitude d ailleurs.
    Je le mets de côté pour y revenir plus tard.
    Yannick


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