06 janvier 2016 ~ 59 Commentaires

La vérité sur l’équitation de tradition française

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J’ai bien conscience que je vais casser les illusions de beaucoup de gens mais si l’on commence déjà à nous mentir sur notre histoire même pour de bonnes raisons, alors c’est la porte ouverte à toutes les dérives et ça je ne peux pas l’accepter. Voila, c’est dit.

Il est difficile d’écrire un simple article sur un sujet qui mériterait quasiment une thèse afin de pouvoir démonter un à un les arguments qui pourraient m’être opposés.

De plus, je ne prétends pas avoir lu tout ce qui existe sur la question. Je découvre régulièrement de nouveaux auteurs qui me permettent d’affiner ma vision. Lorsqu’ils sont intéressants, je les intègre sur mon blog .

Alors n’hésitez pas à me contredire. De la discussion jaillit la lumière.

Tout d’abord, c’est un fait ; nous, français, sommes extrêmement fiers de notre tradition équestre au point d’aller jusqu’à nous couper de tout ce qui se fait dans le monde.

Autant le dire tout de suite, je pense que c’est excessif et que ça nuit à notre évolution.

D’autant plus que peu de cavaliers les connaissent réellement. Il faut dire qu’elles ne sont quasiment pas enseignées ou tout au moins extrêmement simplifiées.

L’équitation de tradition française telle que définie par l’Unesco, c’est en fait le Cadre Noir de Saumur et ils ont raison.

En effet, aujourd’hui, la pratique de celle-ci s’arrête en France quasiment au Cadre Noir. Bien peu de choses d’ailleurs, hormis les airs relevés et un panneau dans le manège « calme, en avant et droit » du général l’Hotte.

Si l’on veut vraiment la retrouver, il faut plutôt aller en Espagne, au Portugal ou même en Hollande, aux Etats-Unis voir en Allemagne. C’est un comble.

Impossible de parler de l’équitation de tradition française sans parler des rencontres de Saumur dont j’ai vu quelques vidéos qui m’ont fait bondir.

Je n’y ai jamais participé car me mettre en colère à mon âge (bientôt 52 ans pour ceux qui m’ont posé la question) n’est pas bon pour ma santé.

J’ai quand même lu quelques comptes rendus trouvés sur le net et regardé des extraits vidéo notamment sur Equidia. Le thème de la dernière rencontre était le rassembler.

J’ai bien aimé la vidéo d’André Poot, un belge. Heureusement que les étrangers viennent à notre secours. Cela reste encore très partiel, comme je le lui ai fait remarquer.

Il parait également que la prestation de Bernard Sachsé était remarquable.

Par contre, le travail des élèves que j’ai vu était de niveau galop 5. Un peu léger pour parler du rassembler.

A part encore une fois Hervé Godignon qui fait du dressage comme Monsieur Jourdain fait de la prose, les autres interventions sont tout simplement catastrophiques. Travail sans aucune impulsion, douleurs de dos et de bouche des chevaux.

C’est ce genre d’enseignement qui nous fait croire que l’équitation est difficile.

A qui profite le crime ? je pose la question.

Ce sont pourtant des personnes, qu’elles soient françaises ou étrangères, qui enseignent aux enseignants. A ce compte là, elle n’est pas relevée demain l’équitation française.

Réveillons-nous. Il faudra mettre un bon coup de pied dans la fourmilière pour faire évoluer les choses.

D’ailleurs les dernières rencontres à Saumur faisaient intervenir plusieurs étrangers. Pourquoi pas, mais cela montre bien que nous n’avons pas grand monde en France qui connait son sujet.

Constater que les étrangers le connaissent mieux que nous donne un sentiment assez curieux.

Mais encore une fois, de quoi parle t’on ?

A l’origine, l’équitation française de la renaissance a été très fortement inspirée par les italiens comme toute la renaissance française.

L’école de Versailles et les autres de cette époque n’ont fait principalement que les copier.

Il n’y a pas grand chose de français là dedans d’autant plus que Newcastle, qui lui était anglais, a également beaucoup influencé cette époque.

A quoi se résume donc notre équitation traditionnelle ? à l’épaule en dedans de La Guérinière et le changement de pied au temps de Baucher ? bien peu de choses en somme. D’autant plus qu’il parait que ça existait déjà avant eux.

Les personnes qui parlent le plus de l’équitation française citent en premier Nuno Oliveira.

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Autant le dire tout net, il s’agit d’un véritable hold-up.

Comme je l’ai déjà dit, d’une part Oliveira était portugais et d’autre part il pratiquait une équitation très inspirée par la tauromachie.

Il a été rattaché à nous car il avait réhabilité l’épaule en dedans de La Guérinière dont personne ne connaissait plus l’intérêt.

Pourtant, avant lui, Gustav Steinbrecht avait fait de même et il n’a pas pour autant été intégré à notre équitation.

Oliveira s’est en fait surtout inspiré de Steinbrecht. Comme on peut le lire dans « 30 ans de correspondances » de Michel Henriquet.

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On dit également qu’il a été formé avec la méthode Baucher. En fait, il a passé toute sa vie à la critiquer. La première méthode pour son manque de légèreté et la deuxième pour l’élévation d’encolure. De Baucher, il n’avait guère gardé que les flexions.

Il faut appeler un chat un chat, pour beaucoup, Baucher ne fait pas partie de l’équitation de tradition française. Michel Henriquet a même dit que s’en était le fossoyeur. Admettons.

D’Aure dans ce cas n’en fait pas partie non plus car « tirer dessus, pousser dedans » n’est vraiment pas politiquement correct. Dans ce cas, que dire de l’Hotte élève des deux ? qu’il en a fait une synthèse ? mais alors, on les retient les deux « vedettes » ou pas ?

En poursuivant ce raisonnement, il ne nous reste guère que la Guérinière. Alors là oui, tout le monde est d’accord.

Les gens qui regardent Oliveira ont l’impression de voir la Guérinière. Là encore, ce n’est pas totalement mon avis. Je vais y revenir.

En fait, la fin du 19ème et le début du 20ème siècle ont vu de brillants cavaliers qui ont réalisé des choses que bien peu sont capables de faire aujourd’hui, comme par exemple le galop sur trois jambes en avant comme en arrière ou le changement de pied au temps au galop en arrière mais aussi plus simplement monter en cordelette.

Et oui, déjà à l’époque ça se pratiquait. Les américains n’ont rien inventé.

Dès que la photographie est arrivée, on a vu apparaître des choses absolument incroyables. Les cavaliers galopaient sur trois jambes comme on fait du trot enlevé aujourd’hui. Combien de français peuvent me montrer ça actuellement ? comment ose t’on encore parler de tradition ?

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La vérité, c’est que celle-ci s’est complètement perdue. A tord ou à raison mais c’est un fait.

Je connais des gens qui galopent en arrière ou sur trois jambes mais combien d’entre eux sont français ? c’est trop facile de les rattacher à notre équitation alors que nous même sommes incapables de le faire.

En gros, nous parlons de ce que nous ne connaissons pas.

Certains les balayent d’un revers de main en disant que c’était des tours de force. Je ne suis pas sûr. Je pense au contraire que c’était la preuve d’un dressage extrêmement poussé comme nous sommes incapables de le faire aujourd’hui.

C’est là qu’est tout le problème. Retrouver comment ces cavaliers faisaient car globalement, ils se sont gardés de l’expliquer clairement dans leurs écrits.

Ce qui est encore plus surprenant, c’est la vitesse à laquelle ils y parvenaient tous.

Seul Fillis, qui n’est pas non plus français, l’a raconté en détail, mais ses méthodes étaient assez violentes et peu convaincantes à la lecture. Peut-être que le voir faire aurait donné une impression différente car il était surement très critique envers lui-même.

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Qu’ils soient disciples ou non, ces cavaliers avaient tous en commun d’être inspirés par Baucher.

Le nombre d’élèves de Baucher qui ont écrit des livres est impressionnant. Il savait les transcender. Baucher était une rampe de lancement de talents comme on ne peut pas l’imaginer aujourd’hui.

Le seul qui ne s’y raccroche pas, c’est Saint Phalle et pourtant il obtenait des choses incroyables que d’ailleurs personne derrière lui n’a pu obtenir sur ses chevaux.

Fillis en était jaloux. Le seul reproche que l’on peut lui faire est l’insuffisance de légèreté. Il obtenait tout par la force et l’autorité.

Reproche que l’on ne peut pas faire à Beudant, français lui, mais quand même d’outre mer une grande partie de sa vie, qui avait fait de la légèreté son cheval de bataille une fois qu’il avait réussi tous les autres exercices, c’est-à-dire à un âge déjà avancé.

Une des caractéristiques principales de l’équitation française, c’est donc la légèreté, tarte à la crème de l’équitation.

Comme disait Jean d’Orgeix, quelle légèreté ? tout le problème est dans la question.

Une légèreté avec bride et éperons pour la plupart de ses adeptes. Une tension importante dans les rênes pour les uns. Des mains très hautes avec demi-arrêts permanents pour les autres. C’est un constat navrant.

Chacun met la légèreté à sa sauce et s’en revendique sans vergogne. C’est une des nombreuses tromperies de l’équitation actuelle.

Pourtant, la recherche de la légèreté avait bien commencé avec la Guérinière qui avait simplifié les différents mors en supprimant purement et simplement ceux qui étaient trop durs.

Elle a continué avec la deuxième manière de Baucher reprise par Faverot de Kerbrech et Beudant.

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Beudant, lui, avait carrément enlevé bride et muserolle. Il n’a pas été suivi.

Le capitaine Dumas pouvait monter ses chevaux en cordelette sans problème, tout naturellement.

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Que s’est il passé ensuite pour que nous soyons revenu au moyen âge ?

Mettre une bride, c’est automatiquement mettre le cheval derrière la main et lui dire : « c’est moi qui commande ».

Mettre des éperons procède de la même recherche même si le cheval se blase plus facilement.

Fermer la bouche avec des muserolles plus contraignantes les unes que les autres procède de la même idée : « ferme la » !

Comment peut-on parler de légèreté dans ces conditions ? on enferme le cheval dans un cadre et on lui interdit d’en sortir. C’est exactement ce que l’on reproche aux cavaliers de compétition de dressage actuels. N’y a-t-il pas aujourd’hui d’autres solutions plus basées sur la recherche de l’adhésion du cheval ?

Ces outils sont d’un autre âge. Il est temps de faire évoluer les traditions qui d’ailleurs n’étaient pas celles là.

Ne devraient être autorisés à les utiliser que ceux qui sont capables de monter leurs chevaux en simple cordelette. Ainsi, ils n’en feraient pas un instrument de domination.

Dans ce domaine, Alizée Froment est l’exemple à suivre, une des rares en France qui peut faire de la haute école en cordelette.

Là, on retrouverait une véritable équitation de légèreté comme elle a réellement existé dans nos traditions et l’on pourrait en être fier.

De plus on retrouve sur ses chevaux un peu de la grâce qui faisait la différence entre Oliveira et les autres écuyers.

Car il faut bien le reconnaître, les chevaux de l’équitation française depuis Baucher ont le dos creux, les postérieurs souvent loin, l’encolure exagérément relevée, les vertèbres soudées. Ce n’est pas vraiment un exemple à suivre.

On voit donc bien que « l’équitation de tradition française » telle qu’elle est vue même par les spécialistes est très restrictive en faisant disparaitre purement et simplement ce qui ne leur plait pas.

C’est un fait, notre équitation n’est pas plus propre ou plus naturelle que les autres.

Par exemple, un sujet qui a fait polémique lors des rencontres à Saumur est que les cavaliers du cadre noir pratiquaient le Rollkur.

C’est peut être navrant, mais le Rollkur, en français « ramener outré », fait partie intégrante de l’équitation française.

Il était pratiqué par tous les Bauchéristes deuxième manière c’est-à-dire beaucoup de monde.

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Le regretter est une chose, le renier en est une autre. Ce n’est donc pas la peine de faire les vierges effarouchées.

Bien sûr, les germaniques l’ont dénaturé mais quand même. Il faut remettre l’église au milieu du village.

Comme je l’ai déjà expliqué, Oliveira a endormi tout le monde. Pourtant lui, avait beaucoup lu. On ne peut pas lui reprocher ça.

Là où l’Unesco aurait du mieux se renseigner, c’est sur la transmission des savoirs.

Il est vrai que si le nombre de véritables écuyers a été très important sur cette période, celle-ci a été relativement courte. Ils étaient tous plus ou moins contemporains. De ce fait, la transmission n’a pas suivie au début du 20ème siècle.

Les élèves de Baucher n’ont pratiquement pas fait eux-mêmes de disciples et tout a été perdu.

Retrouverons-nous un jour cette dextérité dans le travail des chevaux ? rien n’est moins sûr. Certains dresseurs sont très forts mais ils n’ont quasiment aucun élève. Aussi, leurs méthodes disparaissent avec eux.

Pour cela, il nous faudra un autre Baucher capable de former de nombreux élèves de grande valeur comme l’a fait également Oliveira. En espérant que la vidéo nous apprendra plus sur leurs méthodes afin que celles-ci ne retombent pas aux oubliettes.

C’est la grande force des anglo-saxons capables de disséquer un concept afin de le rendre accessible à tous.

L’éthologie fait l’objet de tellement d’explications, livres, photos, vidéos, que l’on ne risque pas de l’oublier un jour.

Malheureusement, notre tempérament de latin ne nous a pas permis de conserver nos acquis. La prochaine fois, il ne faudra pas louper le coche.

Pour revenir au rencontres de Saumur, on aurait donc du voir du la Guérinière puisque c’est le seul à faire l’unanimité. Et bien à ma connaissance, pas du tout.

La Guérinière à la fin de sa vie ne travaillait que sur ses voltes carrées et on peut le comprendre tellement c’est bénéfique pour le rassemblé.

Il me semble que c’était ça le sujet, non ?

Finalement cet évènement, c’est surtout une bande de copains qui se retrouvent. Rien de plus. Le saumurois est un très bon vignoble.

Je sais que ces quelques lignes vont faire réagir d’autant plus que je n’y étais pas et que ma vision de l’extérieur est forcément tronquée. J’en ai bien conscience et je serais rassuré d’avoir tord.

Par contre, je pense que le stage ACTEF des 14 et 15 décembre derniers était une bonne idée car chaque intervenant est pointu dans son domaine qui s’écarte parfois de l’équitation traditionnelle mais qui ouvre l’esprit sur de nouvelles techniques. C’est surement la voie à suivre.

Personnellement, je préfère de loin l’équitation mondiale dès qu’elle peut m’apporter quelque chose. Si l’on veut progresser, il ne faut pas être sectaire et voir les qualités des équitations avant les défauts. Il est donc simpliste de dire que l’équitation française c’est la qualité et que les autres sont mauvaises.

Dans mon équitation à moi, je ne retire personne. En effet, j’estime que si certains ont écrit des livres qui les ont rendu célèbres à leur époque, c’est qu’il y a des choses à en retirer.

Par exemple, j’ai toujours demandé le départ au galop en appuyant sur la fesse extérieure. J’ai une jument qui change beaucoup mieux de pied si je fais l’inverse. Pas de problème, mes chevaux sont mes professeurs. C’est eux qui me guident et non moi qui leur impose une façon de faire que j’aurais tiré d’une certaine méthode. Les connaitre toutes permet d’avoir à sa disposition toute une palette de solutions car ce qui est important, c’est d’arriver à résoudre les problèmes rencontrés avec l’adhésion des chevaux.

Pour aller plus loin : cliquez ici

59 Réponses à “La vérité sur l’équitation de tradition française”

  1. Bonsoir. Le ramené outré se faisait avec la nuque comme point le plus haut. C’est n’est pas le cas du rollkur.

    • Absolument d’accord, Fabienne. De plus, ce ramené outré se pratiquait sur un temps court et non pendant toute une longe !

    • Pour être brève, car je n’ai pas de temps à perdre, si je résume: Alizée Froment est la seule en France à pratiquer l’équitation de tradition française et Nuno Oliveira faisait de l’équitation tauromachique. Ah, j’ai oublié Baucher: il pratiquait le rollkur!!

      Je pense que vous n’avez pas tout compris.

  2. Votre article m a bien intéressé car j ai exactement le meme sentiment sur l equitation a la francaise tel qu on est en train d essayer de la reconstruire en raccordant des morceaux de l histoire .mais la demarche est quand meme bienvenue. Pour ma part ,je pense qu ,il faudrait plutot, a partir de tout ca, reinventer une methode francaise moderne plutot que de se retourner sans cesse vers le passé. Ne pas fabriquer une equitation de musee mais plutot une equitation qui permettrait de retrouver une place au niveau internationnal.recreer une dynamique d avenir. Juste concernant Alizee Froment il ne faut pas oublier que le travail en cordelette est un aboutissement dans son travail et non une methode de dressage .Mais ca n enleve rien a la qualite de sa complicite avec son cheval a l exception du piaffer que Mistral n a jamais vraiment bien performé voir pas du tout en cordelette .

  3. Un article très intéressant avec beaucoup de vérités qui ne plairont pas à tout le monde ! Pour moi il n’existe pas de « méthode française » (sauf au Cadre Noir bien sûr), passez d’un enseignant à un autre vous recommencerez une autre équitation: vos mains seront forcément portées trop hautes ou trop basses, vos jambes trop en avant ou trop en arrière….! Autre remarque, l’apprentissage ne soigne pas assez le détail car tout le monde veut très vite se présenter sur un terrain de concours ;o) un élève qui n’a pas encore assimilé comment trotter sur le bon diagonale saute des barres dans la reprise suivante?! Mais si l’on revenait aux longues séances de trot assis à la longe comme à l’époque (jusqu’à l’indépendance des mains devenant fixes) ou si l’on mettait les élèves comme à Saumur sur des chevaux dressés et sans étriers pour acquérir l’assiette, il y aurait moins de monde dans les écoles d’équitation. Aujourd’hui on veut tout et vite au détriment d’une formation détaillée. A mon avis c’est aussi pour cela qu’il n’y a que quelques cavaliers exceptionnels comme Alizée Froment, car tout le monde parle de légèreté en ajoutant une muserolle ou un mors plus sévère….

  4. Modeste remarque :

    - Où et par qui fut formée Alizée Froment ?
    Au Cadre Noir de SAUMUR / ENE par Philippe LIMOUSIN qui a passé sa carrière d’écuyer au sein de cette institution !…

    • Avec toute l’amitié et le respect que j’ai pour Philippe, Alizée avait, à 17 ans, déjà toutes les bases d’une équitation fine avant d’arriver au Cadre Noir, raison pour laquelle elle a facilement été repérée. Depuis, elle fait son propre chemin, s’inspirant des uns et des autres, en particulier de l’aide et du soutien d’Hubert Perring. Son équitation actuelle, elle la doit en grande partie à son travail acharné, à son opiniâtreté, à sa quête de perfection, à sa recherche personnelle, à sa relation unique qu’elle entretien avec ses chevaux ainsi qu’à une certaine liberté d’esprit qui la fait se dissocier des chemins tracés pour aller à la recherche permanente d’une autre vérité.

  5. Comme je partage votre point de vue, j’apprends des choses. Merci de votre culture. Je vais suivre vos écris.

  6. Réflexion intéressante mais permettez-moi quelques désaccords.
    1/ Concernant Alizée Froment, si je trouve comme vous que le résultat est fort joli, que cheval et cavalière sont très doués, je peux vous garantir que les moyens employés pour y parvenir sont eux beaucoup moins charmants. Il faut l’avoir vu, notamment, « détendre » son cheval le nez bloqué dans le poitrail avant d’entrer sur la piste. On est assez loin de l’idéal de complicité, d’amour et de respect. Elle a aussi travaillé avec des « coachs » dont les méthodes ne sont pas des plus douces, je vous laisse mener votre enquête et vous faire votre propre opinion. Je rejoins d’ailleurs Jenny en ce qui concerne le piaffer, qui reste quand même un bon indicateur de rassembler.
    2/ Concernant l’équitation de tradition française, je ne comprends pas votre démarche de vouloir la rattacher à un homme ou à une méthode. Cette équitation se nourrit de sa diversité.Ainsi, n’en excluait pas Saint-Phalle ou d’Aure. Elle continue aujourd’hui à vivre à travers de nombreux cavaliers.
    3/ Je vous trouve bien sévère avec Oliveira. Son rapport au bauchérisme me semble plus complexe que ce que vous écrivez, et il n’a pas gardé de Baucher que les flexions, mais aussi par exemple l’effet d’ensemble. Il cite également Beudant pour l’attitude à adopter, Saint-Phalle pour les départs au galop etc etc… Bref, il connait et applique les concepts des écuyers français, et en celà il s’inscrit dans la tradition française, bien évidemment avec des adaptations ; mais c’est celà l’équitation à la française : le cheval est le centre du sujet, l’équitation doit s’y adapter.

    • reflexions equestres 12 janvier 2016 à 15 h 07 min

      Pour Alizée Froment, quand elle monte en cordelette elle est obligée de trouver d’autres solutions.
      Pour le deuxième point, les Bauchéristes d’aujourd’hui ne sont pas capables de faire le tiers de ce que faisaient ceux d’hier. Les Oliveiristes oublient la souplesse du dos ce que n’aurait jamais fait Oliveira. Je parle là de la présentation des rencontres vue sur Equidia. Quand à ceux qui disent pratiquer la Guérinière, je me demande même s’ils l’on lu.

  7. Guy Boivin n’est pas un sanguin. S’il a écrit cet article, c’est qu’il en a longuement mûri les termes. Et c’est aussi que sa colère a fini par prendre le dessus. Je ne souscris pas à la totalité de son propos, bien loin de là. Mais j’en comprends l’argumentation et partage une partie de ses conclusions.

    Comme lui, je n’oublie pas ce que nous devons aux Grecs, aux Napolitains, aux Espagnols et aux Portugais, sans doute, à d’autres. Comme lui, je crois que notre arrogance gauloise nuit à notre complétude équestre. Contrairement à lui, je pense que bien des cavaliers de base seraient preneurs d’une équitation bien différente de celle qui est présentée par nos institutions, Institut français du cheval et de l’équitation en tête. Mais que, grâce à la sinistre hégémonie de la Fédération française d’équitation et au lobbying des gens en place, ils n’y ont pas accès.

    De là, mon entêtement quotidien à charger les moulins à vent, en sachant bien, au fond de moi, que Dom Quichotte ne saurait convaincre personne à parcourir la plaine à la recherche de l’inaccessible savoir équestre de nos maîtres anciens.

    Tout comme Guy Boivin, je crois intensément qu’il ne sortira rien de bon des Rencontres de la soi-disant Équitation de Tradition Française aussi longtemps que l’on restera délibérément enfermé dans la certitude inébranlable du Cadre Noir d’incarner cette tradition. Mais, contrairement à mon ami, qui avoue 52 ans de vieillissement contre mes 76 inavouables, je me rends à Saumur pour le dire, car je refuse de me fier à l’action collective pour faire changer les choses : ce n’est pas du dehors que nous pèserons sur la destinée de notre équitation, mais bien du dedans de la mortifère confusion actuelle.

    Quelques points de fond de l’article de Guy Boivin me heurtent toutefois désagréablement.

    Je ne crois pas que l’École de Versailles ait des comptes à rendre à l’équitation ultramontane. Je crois, au contraire que les écuyers du Manège royal ont eu l’intelligence du dépassement qui convient aux grands maîtres de l’équitation. La Guérinière ne se laisse pas réduire à l’épaule-en-dedans, mais reste un modèle de réflexion capable de régulariser tout ce qui a été entreprise avant lui : en cela, c’est un innovateur, et non en ce qu’il a emprunté aux La Broue ou Newcastle.

    Plus tard, Baucher ne sera pas seulement le créateur de quelque figure nouvelle ; mais surtout l’organisateur d’une nouvelle et essentielle « manière » de penser la relation au cheval et le génial inspirateur de la recherche permanente s’élevant contre toute tentation de figer des savoir-faire ou des procédés.

    L’excentricité de quelque air de cirque ne doit pas impressionner l’écuyer. Tout ou à peu près est faisable par qui prend le temps d’expérimenter. Les défis à la Raabe, à la Fillis ou à la Saint-Phalle sont d’un autre âge. Cela étant, oui, nous sommes bel et bien incapables de reproduire l’effort d’un dressage total, tel que le pratiquaient les anciens ! Nous en sommes incapables, car nous n’avons plus la vertu de patience, ni la méticulosité requise pour la finition de l’ouvrage. Nous annonçons l’œuvre d’art là où il n’y a qu’une simple ébauche. Nous sommes happés par l’accélération de l’Histoire, la bousculade chronique de notre quotidienneté !

    Ah ! Beudant, lui, avait tout le temps de parcourir les sables fins et les pistes caillouteuses en méditant sur la perfection d’un air, tout en répétant invariablement ses exercices de perfectionnement. Il savait que la légèreté semblait acquise lorsque la mâchoire inférieure se déliait, ignorait tout de la moindre explication scientifique de ce phénomène et s’en moquait royalement. Il était écuyer ; et non chef de laboratoire ! Pour le faire voir, si tant est qu’il avait envie de le faire voir, il n’avait besoin ni de bride, ni de muserolle, ni d’un enrênement quelconque, ni de quelque moyen de coercition que ce soit.

    Cette relation simple au cheval est toujours praticable. Certains la cultivent encore. Mon ami Guy Boivin est de ceux-là. Je l’en complimente. Au sein de l’A.C.T.E.F., nous nous assignons des missions du même ordre. Issus de Beudant, par le truchement de Bacharach, nous en sommes rendus, avec Franchet d’Espèrey, au point où le bauchérisme peut être dépassé très précisément par la nature de la relation au cheval. C’est notre « manière » d’affirmer l’impérative nécessité de reconstruire l’équitation « à la française » en ne dédaignant nullement de prendre ailleurs qu’en France tout ce qui peut contribuer à nous faciliter l’accomplissement de notre objectif…

    Dernière observation : les méthodes équestres des uns et des autres n’ont pas l’importance que veulent leur accorder les thuriféraires des écuyers-initiateurs de ces moyens. Elles peuvent servir de catalogue de repères pour l’enseignement de l’équitation courante. Mais lorsqu’on se trouve seul à seul, en face de son cheval, ce qui prime n’est pas la méthode d’un autre, mais la réflexion que l’on est capable de conduire soi-même sur les difficultés à surmonter. L’équitation, c’est d’abord la manifestation de l’intelligence du cavalier.

    • reflexions equestres 12 janvier 2016 à 14 h 53 min

      Vous n’avez surement pas lu mon blog pour penser que c’est Guy Boivin qui a écrit cet article. Je vous rassure, je ne l’ai fait écrire par personne. Je suis capable de l’écrire moi même avec mes propres idées. C’est je pense ce qui fait tout l’intérêt de ce blog. Y lire des choses que l’on ne voit pas ailleurs. Même si pour cela il faut un minimum de culture.
      PS: je vais me renseigner sur Guy Boivin mais s’il ne fait pas partie de mes amis Facebook, c’est qu’il doit y avoir une raison.

  8. Ce n’est effectivement pas Guy Bovin qui nous distille ses pensées sur ce blog. A son auteur de décliner son identité s’il le désire. J’ai échangé avec lui à plusieurs occasions sur FB,et ait mis en avant et argumenté nos desaccords. J’ai découvert une personne cultivée,réfléchie, avec quelques contradictions,. Ce qui est important,c’est que nos désaccords nous enrichissent. En cela,je le remercie.

    • reflexions equestres 13 janvier 2016 à 13 h 58 min

      Je communique mon nom à tous mes abonnés. Je n’en fait pas un mystère mais je ne souhaite pas que ma passion pour l’équitation pollue mes autres activités de consultant d’entreprises. Aujourd’hui, en tapant un nom sur Internet on sait tout de la personne. Yves, je crois me souvenir que nous nous sommes rencontré chez Michel Henriquet lors de la venue de JP Giacomini.

  9. J’étais effectivement présent à cette rencontre. Pour autant, je ne mets pas un visage sur votre nom. Mes excuses!

  10. Pour être brève, car je n’ai pas de temps à perdre, si je résume: Alizée Froment est la seule en France à pratiquer l’équitation de tradition française et Nuno Oliveira faisait de l’équitation tauromachique. Ah, j’ai oublié Baucher: il pratiquait le rollkur!!

    Je pense que vous n’avez pas tout compris.

    Votre commentaire est en attente de modération.

    • reflexions equestres 14 janvier 2016 à 21 h 29 min

      Je suis désolé de vous faire perdre votre temps mais je pense que vous m’avez lu un peu trop vite. si j’ai écrit un article aussi long c’est que j’ai voulu y mettre beaucoup d’idées. Ceci dit, j’ai effectivement caricaturé par moment pour faire réagir. Je peux bien sûr développer les points que vous citez et même les autres.

  11. Dans cette discussion on parle beaucoup d’hommes et assez peu de chevaux et du travail qui leur est demandé. Ma préoccupation en tant qu’enseignant et aussi en tant que cavalier est de partager des moments agréables avec les élèves. Qu’ils aient deux ou quatre pieds. Pour cela la dimension mentale de la pratique est incluse ipso facto dans la leçon. Echauffement (et non pas détente, ce qui sous entendrai que le cheval est préalablement tendu, ne lui laisserions nous pas la possibilité de vivre sereinement), exercices progressifs incluant beaucoup de pas, temps de repos en cours de séance, ambiance sereine, retour au calme enfin sont pour moi essentiels.
    Nos anciens ont des pratiques qui leur sont propres, orientées bien naturellement selon leurs propres dispositions, et de ce fait ils sont tous différents. Tel voit une planche de salut en tel exercice, cet autre en telle méthode etc etc… Pour ma part il y a quelques qualificatifs qui me conviennent parfaitement lorsque l’on parle du travail du cheval. Ce sont : rondeur du geste, fluidité, énergie calme, gaieté. Du coup à bien réfléchir vous pourrez compléter avec les classiques « impulsion, rectitude, droit, qui s’engage, incurvé, sur la main, stable dans sa nuque » et consorts ». Et ce à la condition que l’on ne puisse ajouter « plaqué, raide, saccadé, enfermé, mâchoire bloquée, muserolle serrée, éperons ou actions de main permanents, dos creux ». Tous qualificatifs que malheureusement méritent nombre voire la majorité, des pratiquants et des compétiteurs fussent’ils de « haut niveau ».
    Mais revenons aux hommes. Il est question plus haut de Baucher et de quelques autres. Baucher reste un écuyer hors norme mais à tous niveaux. D’abord en tant qu’éxécutant dixit ses contemporains mais aussi en tant qu’enseignant. Il a laissé de nombreux élèves qui se sont succédés y compris jusqu’à nos jours. René Baccarah (Orthographe?), Jean Claude Racinet ou Patrice Franchet D’Esperrey. A ces époques l’enseignement des anciens avait toute sa place et c’est très bien ainsi.
    Plus près de nous Nuno Oliveira a lui aussi laissé des élèves. Il a lui aussi dressé un nombre incalculable de chevaux.
    Personnellement j’ai assisté à une leçon du maître à la fin des années soixante. Nous étions plus de vingt dans la « leçon » avec des niveaux hétéroclites au possible. Devant l’impossibilité d’enseigner à une classe aussi disparate le maître préféra nous faire une démonstration. Il demanda à une dame montant un petit cruzado Portugais du club de lui prêter le cheval. Il fit amener une bride, travailla tout d’abord à pied puis se mit en selle. Le cheval , très gentil au demeurant, était réputé auprès de nous les jeunes élèves du club comme étant une « bombe » impossible à retenir. Le maître travailla d’abord avec des rênes assez ajustées et petit à petit les laissa s’allonger à mesure que le cheval gagnait en sérénité et en calme. Je vis à cette occasion mes premières épaules en dedans tout en me demandant pourquoi ce monsieur faisait marcher son cheval « de travers  » selon moi.
    Fluidité, fraîcheur, calme, sérénité, (un mot inimaginable pour qui montait ordinairement « Azur ») sont les qualificatifs qui me viennent à l’idée quand je repense à la scène. Le maître termina par un galop rond et équilibré aux deux mains. Un moment magique que je n’oublierai jamais! Je n’ai malheureusement pas eu l’occasion de le revoir.
    Cependant j’ai eu la chance d’être l’élève de Sue Oliveira, sa belle fille épouse de son fils aîné Miguel. Simplicité, précision, patience, finesse, caractérisait son enseignement. L’énergie calme demandée et obtenue des chevaux, la rondeur et la fluidité dans les exercices restent des souvenirs merveilleux. Le tout doublé d’une personnalité très attachante.
    Aujourd’hui c’est Dany Layahe qui me fait l’immense plaisir de m’enseigner cette belle équitation. L’esprit est le même, la sensibilité intacte, l’apparente facilité avec laquelle elle amène ses élèves à deux et quatre pieds à réaliser les exercices tout aussi magique.
    De ces trois enseignants d’exception il y a une chose qui ressort, leur amour des chevaux, pour l’individu cheval, et non comme piédestal de la vanité humaine, ainsi que leur exigence bienveillante envers les élèves à deux pieds. Cette équitation mérite vraiment le nom d’Equitation de Tradition Française tant elle inclut l’exigence vis à vis de soi même et en même temps un profond respect des chevaux.
    De leur enseignement , même si je n’ai vu le maître qu’une seule fois, je retiens qu’il n’y a pas de méthode. Un existant à l’instant, un projet, et des pistes différentes pour y arriver. Des pistes différentes parce que les chevaux sont différents, les élèves également, les enseignants ne sont pas les mêmes. Par contre une chose les relie tous, la recherche du geste rond et fluide, de l’apparente facilité d’exécution, le fait d’attendre que l’élève soit en mesure de réaliser l’exercice calmement et sans stress. C’est cela qui rend cette équitation magique.

    • reflexions equestres 14 janvier 2016 à 21 h 22 min

      Merci de nous faire partager votre expérience. Je n’ai jamais eu la chance de rencontrer des grands maîtres ou même leurs élèves mais j’ai vu travailler le commandant de Fombelle et j’en garde un souvenir indélébile même si à l’époque je n’y comprenais pas grand chose et que tous les gens autour de moi se moquaient surtout de lui.

    • Sauf erreur de ma part le fils ainé était Joao (cavalier comme Nuno) qui est malheureusement décédé aux USA; Il avait également une fille Pauresa toujours en vie à ce jour

  12. C’est ce qui s’appelle oser mettre les pieds dans le plat ! :) Qu’on soit d’accord ou non avec ce qui est exposé, cet article pose de bonnes questions.

    J’aime beaucoup ce passage :
    « Que s’est il passé ensuite pour que nous soyons revenu au moyen âge ?

    Mettre une bride, c’est automatiquement mettre le cheval derrière la main et lui dire : « c’est moi qui commande ».

    Mettre des éperons procède de la même recherche même si le cheval se blase plus facilement.

    Fermer la bouche avec des muserolles plus contraignantes les unes que les autres procède de la même idée : « ferme la » ! »

  13. Mettre une bride, c’est AUTOMATIQUEMENT mettre le cheval derrière la main et lui dire « c’est moi qui commande.Affirmation de quelque »un qui n’a pas la main suffisamment intelligente et suffisamment de tact pour comprendre toute la finesse qu’il peut y avoir à monter en bride. La réflexion s’adresse également au commentaire suivant sur les éperons , en remplaçant main par jambe.
    Seule la remarque sur la muserolle me semble juste.Mais cela est l’évidence pour qui s’intéresse un tant soit peu au dialogue avec le cheval.
    merci à Dany Lahaye d’avoir remis certaines choses à leur juste place.

    • reflexions equestres 20 janvier 2016 à 18 h 15 min

      Je ne suis pas d’accord pour avoir expérimenté la chose suivante : lorsque je monte en simple licol avec une longe dessous, mes chevaux sont plus allant, si je monte en cordelette, ils le sont encore plus. Quoi qu’on en pense, le fait de mettre une bride plus sévère qu’un simple mors a un impact psychologique important sur le cheval même si elle est parfaitement utilisée c’est à dire finalement inutile. je ne partage pas l’idée d’utiliser une bride pour monter en finesse. La finesse, c’est dans la tête du cavalier pas dans les outils pour se faire comprendre.

      • Entièrement d’accord avec « Réflexions Equestres » : Mettre une bride ou des éperons a un impact psychologique car le cheval SAIT qu’on les a.
        On ne parle pas à un ami avec un couteau dans la main, même si l’on ne s’en sert pas…
        Un Pelham résine souple est largement suffisant pour demander (poliment) au cheval de monter ou baisser son nez. J’adore cette embouchure avec laquelle mes mains sont plus décontractées qu’avec un filet.
        Pourquoi n’est-elle jamais évoquée ?

  14. Je ne « redirais » rien… car tout à été dit!!…. et bien dit! et heureusement… ou plutôt si, je ne dirais qu’une seule chose, je n’aime pas « du tout »!! le ton de cet article!!!
    C’est « suffisant » « exagéré » et plein de raccourcis! sans compter « qu’à ce titre là » il devrait être effectivement signé!!……
    A bon entendeur

    • reflexions equestres 21 janvier 2016 à 22 h 26 min

      Et bien voila, il fallait le dire. J’écris pour faire réagir sinon ça ne sert à rien. Mon blog existe depuis 2013, comporte près de 70 articles. Jusque là, mon nom n’intéressait personne. Quand aux raccourcis, l’article fait déjà 2500 mots. C’est déjà pas si mal.

  15. C’est peine perdue d’essayer de faire croire que La Guérinière,d’Aure et Baucher, c’est la même chose… parce que c’est français.
    Cette tradition est on ne peut plus chaotique, elle a d’ailleurs bien collé à l’histoire des mentalités.
    On va galérer si on se rapporte aux auteurs, Steinbrecht transmet la traditon (versaillaise)bien mieux que Baucher non ?
    Nos français de référence sont opposés dans leurs conceptions, c’est pas simple à plier c’t'affaire… :-)
    L’école versaillaise,c’est un socle pas trop pourri, si on l’agrémente de quelques trucs pris chez Baucher, on est pas mal.

  16. Votre invitation à la contradiction m’amène à vous adresser quelques petites remarques.

    « Mettre une bride, c’est automatiquement mettre le cheval derrière la main »

    « Mettre des éperons procède de la même recherche »

    Je pense, que tout comme moi, c’est la tristesse du spectacle donné par tant de cavaliers qui réduit votre champ de vision et vous amène à réagir avec un peu d’exagération.
    Une bride n’a jamais mis le cheval derrière la main tout comme la longueur des branches du dit mors. C’est la main qui tient les rênes qui peu faire des ravages.
    Des éperons n’ont jamais blasé un cheval si le cavalier a une bonne position, des jambes descendues et qui ne sont pas dans un contact permanent.

    Ne classez pas les différents mors et les éperons comme objets dangereux. Insurgez vous plutôt contre ceux qui ne savent pas s’en servir. Vous le sous entendez en disant : « Ne devraient être autorisés à les utiliser que ceux qui sont capables de monter leurs chevaux en simple cordelette. »

    Il n’y a pas que Alizée Froment qui soit capable de le faire. J’ai vu Catherine Henriquet le faire également pour ne parler que des gens connus. Et il existe aussi des cavaliers qui ont même supprimé la cordelette. MAIS LA CORDELETTE NE PEUT S’UTILISER QU’UNE FOIS LE CHEVAL ÉQUILIBRÉ.
    Mais il a là une certaine restriction dans l’utilisation du cheval. Je vous invite, par exemple, à monter en cordelette et en extérieur un étalon ayant déjà fait la monte…

    ______________________________________________________________________________

    En ce qui concerne les Maîtres, il faut bien faire le distinguo en l’Ecuyer et sa méthode.
    Certains, et Baucher en est le principal exemple, étaient des Ecuyers d’une telle finesse, d’un tel talent, que même leurs disciples ne sont restés que des disciples. Sa méthode n’a jamais su traduire la finesse du Maître et tous ceux qui s’y sont frottés se sont perdu par manque de ressenti vrai. Cette remarque est faite sans engagement, pour ou contre la(es) méthode(s) Baucher, mais comme illustration et, peut être, comme raison de la disparition de certaines méthode.

    Pour conclure, je parlerai de la nature humaine.
    Demandez à un(e) débutant(e) de tourner six mois en longe, sans rêne et sans étrier pour se faire une bonne assiette. Vous verrez ce qu’ils ou elles vous répondront.

    Si les peuples ont les dirigeants qu’ils méritent, les équitants ont le « niveau » qu’ils méritent.

    _____________________________________________________________________________

    EN FIN DE COMPTE, CE SONT NOS CHEVAUX ET NON DES MÉTHODES QUI NOUS PERMETTENT DE COMPRENDRE

    • reflexions equestres 16 mars 2016 à 18 h 30 min

      Quand vous montez en cordelette, vous comprenez très bien ce que je veux dire quand je dis que la bride et même le filet d’ailleurs met le cheval derrière la main. L’impulsion n’est plus du tout la même.
      Pour les éperons, la peau du cheval étant beaucoup plus sensible que la notre, ils ne servent à rien qu’à lui faire mal, mais il faudra des décennies avant que cela soit admis.
      La cordelette demande un cheval respectueux et à l’écoute et c’est bien ça le challenge. Tout est dans la méthode d’éducation. J’y reviendrais dans mon prochain article.
      Certains disciples de Baucher étaient tout de même très forts à commencer par Beudant mais il y en a bien d’autres comme Raabe.
      Pour la nature humaine, tout est dans la motivation. J’y reviendrais également.
      Je suis 100% d’accord avec votre dernière phrase mais pour cela faut-il encore les écouter. C’est tout le problème des cavaliers actuels.
      Merci pour vos commentaires argumentés.

  17. De toute manière il n’y a jamais eu d’équitation de tradition française

    Il existe et à existe des cavaliers studieux , dont beaucoup ont écrit en francais , d’autres en allemand , d’autres en Anglais , en espagnol , en portugais…

    il me semble néanmoins utile de restaurer ici la mémoire du Vicomte d’Aure . S’il arrivait à faire que son cheval était
     » mis entre des poids égaux  » , comme il le décrit , c’est que son travail épaule en dedans était poussé à un très haut degré d’accomplissement , car ce n’est qu’à cette condition que l’on obtient un cheval balance entre des poids égaux
    et que sa maîtrise de la question de la position , sachant faire à tout instant contrepoids du corps bien observé pour aider son cheval à se porter en avant droit d’épaules et de hanches , était hors du commun ..

    Et il a été viré Manu militari de l’école de Saumur , de même à été viré de l’école de Saumur Mr de Chabannes , comme disait Mr d’Aure  » … pour avoir été trop fin cavalier , sans doute ..  »

    Sans vouloir être désagréable , enoncer que Mr d’Aure montait en tirant poussant est la marque d’une profonde méconnaissance du manège ..

  18. Bonjour,
    Il me semble que si deja nous étions plus tolérant nous aurions beaucoup plus d apprenti dresseur qui pourront devenir de vrai gens de chevaux. Et non pas de bon client pour acheter des chevaux dresse hors France.
    Je pense a jerome Texier qui c est fait cassé sur le forum « allege idéal » avec son galop en arrière de façon très injuste et décourageante dresseur qui me parait très intéressant pourtant. Nous honorons les morts et voyons même pas les vivants!!!
    Il est difficile de se lancer alors de s envoler…
    Trop de querelle de clocher.
    Peace and love les amis il n y a qu une équitation celle de l amour, du tact, de la technique et du travail. Seul juge pour moi le moral et physique du cheval.
    Bon courage a tous

  19. Et Bartabas ? Et Isa Danne ? On les met où ?

  20. Ces polémiques écrites me paraissent stériles en matière d’équitation. Le bien-fondé d’un point de vue se démontre à cheval devant des experts à la fois compétents et intellectuellement honnêtes. Le problème français est double: depuis la seconde guerre mondiale, nous peinons à réunir une équipe de « dressage » démonstrative de notre « école ». Nous remontons doucement la pente, mais en nous alignant peu ou prou sur les exigences des jurys actuels. Ces jurys, soit par incompétence, soit sous diverses pressions, n’appliquent pas les règles de la FEI sur la base desquelles les compétiteurs sont logiquement appelés à préparer leurs chevaux.
    Dans ces conditions, si on pouvait discuter de la valeur de l’équitation française à l’époque de champions tels que les Lesage, de Balorre, Lavergne ou Jousseaume et de juges tels que les Decarpentry ou von Holzing, on en est réduit de nos jours à évoquer le passé en l’absence de données actuelles concrètes.
    Nous pouvpns certainement retourner cette triste situation, mais il nous faut pour cela reconstruire notre crédibilité.

  21. Merci.
    Il nous faut donc reconstruire notre crédibilité. Qu’est-ce-à-dire?
    Un plan d’action paraît indispensable. Y en a-t-il un? Je ne crois pas.
    Il nous faut d’abord constituer en quelques années une équipe nationale (Hommes et chevaux) capable de participer à des grands prix de dressage internationaux en se classant régulièrement parmi les nations dominantes. Cet objectif ne peut être atteint que si l’équipe est animée par un coach capable de faire passer concrètement la notion « d’équitation de tradition française » dans nos présentations. Nous ne convaincrons jamais par des arguties mais uniquement par des résultats!
    Si nous ne parvenons pas à définir cette notion d’équitation de tradition française, nous pourrons toujours interroger des amis étrangers. Je connais des Américains, des Anglais et même des Allemands qui sont pointus sur le sujet et qui ne demanderont qu’à nous aider. Il y a longtemps,lors d’un séjour au Comité Olympique de Warendorf, j’ai eu une longue conversation à ce propos avec Gustav Rau. Elle fut édifiante. Ce grand connaisseur a disparu mais il a des émules.
    Il convient également de former des juges français compétents et impartiaux, capables de défendre leur point de vue dans les jurys, avec tact mais aussi avec autorité.
    Il est enfin souhaitable de présenter un front uni et que certains parmi nos concitoyens cessent de cracher dans la soupe en dénigrant systématiquement ce qui constitue une partie de notre culture.
    La tâche sera rude et le chemin parsemé d’embuches, tant les enjeux financiers du sport s’opposent aujourd’hui aux plus nobles finalités. Cependant, le moment est favorable car en l’absence de saine réaction française, l’avenir de la discipline « dressage » est bien compromis. Le public ne s’y trompe pas, qui siffle déjà certains classements des jurys!

    • reflexions equestres 12 septembre 2017 à 17 h 57 min

      « constituer une équipe ». Déjà que nous n’y arrivons pas avec l’un des meilleurs entraîneurs mondiaux de cette discipline, alors avec une équitation française ça va être difficile.

      La définition tourne toujours autour de la légèreté mais tant que les muserolles seront fermées nous n’y arriverons pas.

      Il existe des juges français compétents mais s’ils s’expriment, ils seront désavoués.

      « Un front uni ». Les bauchéristes passent leur temps à se battre entre eux.

      Je partage à 100% votre conclusion ; si nous ne faisons rien au niveau mondial, l’équitation disparaîtra des jeux olympiques et un jour nous n’aurons plus le droit de monter sur les chevaux « animaux de compagnie ».

      Je fais ma part chaque semaine dans mes vidéos YouTube. Que tout le monde en fasse autant et on réglera rapidement le problème.

  22. Notre discussion est je crois suffisamment d’actualité pour être poursuivie et, si possible étendue à quelques autres internautes.

    Je partage votre point de vue quant à la difficulté de constituer une équipe de dressage française performante. Nos pères y sont parvenus avant guerre (voir le classement du Grand Prix FEI, Londres 1938) et je ne vois aucune raison valable de baisser les bras aujourd’hui. Les résultats comptent et s’ils sont mauvais, il faut changer de méthode, voire de sélectionneur, voire d’entraîneur.
    Tant que les muserolles sont serrées … Toute épreuve doit commencer par un sérieux examen du harnachement; en cas de non-conformité non sanctionnée, il est légitime de porter plainte. Il semble que la plupart des cavaliers ignorent l’existence d’un Tribunal international du sport à Lausanne, chargé de recevoir les plaintes exercées à l’encontre des fédérations. Il ne faut pas oublier non plus que les tribunaux ordinaires de la plupart des pays peuvent être appelés à sanctionner les actes de maltraitance vis-à-vis des animaux (langues bleuies, bouches et flancs qui saignent …). Sauf erreur de ma part, de telles plaintes ont déjà été déposées en Autriche à l’issue d’un concours de dressage.
    Je ne suis pas spécialement procédurier, mais « il ne faut tout de même pas prendre les enfants du bon Dieu … »
    Il existe des juges français compétents. Je n’en doute pas mais il leur faut gagner en autorité. A ma connaissance, personne n’a jamais désavoué, tout au moins officiellement, le général Decarpentry.
    Un front uni: je ne vois aucun inconvénient à ce que les Bauchéristes s’écharpent si c’est leur distraction favorite. Je ne serais pas choqué qu’un cheval de notre équipe ait été dressé selon la méthode de Raabe ou celle de Faverot de Kerbrech ou celle de Machinchose … mais, de grâce, qu’il se classe honorablement et fasse ainsi la preuve du bien-fondé du choix de son cavalier! L’écuyer allemand Lörke qui a dressé un nombre significatif de champions, s’était formé sur le tas, ne se réclamait d’aucune école en particulier et se disait pragmatique … il gagnait!
    C’est dommage, il ne me paraît pas possible de publier des images sur ce forum; j’ai sous les yeux une photo de Lörke, demandant à son cheval un trot allongé … dans la descente de main. La recherche de la légèreté appartient à l’Internationale des cavaliers dignes de ce nom.

    • reflexions equestres 13 septembre 2017 à 15 h 26 min

      Je ne connais pas lörke mais je pensais à la famille Klimke Ingrid et Reiner qui sont capables de présenter une équitation de légèreté. Il faudra peut-être passer par l’Allemagne pour le renouveau de l’équitation française.

  23. Renouveau de l’équitation française – Plan d’action

    Les JO de 2024 se dérouleront donc à Paris! Les reprises du Grand Prix de Dressage auront lieu, je crois, dans le parc du Château de Versailles, lieu historique s’il en est! Une prestation et un classement médiocres de notre équipe y seraient vécus à juste titre comme une humiliation. Un plan d’action s’impose par conséquent.
    Il s’agit de planifier les actions concrètes permettant à notre équipe de représenter dignement la France d’une part – c’est une question de savoir-faire – et de communiquer habilement sur l’événement, c’est une question de faire savoir.
    Deux situations sont envisageables. Dans le premier cas, nous obtenons un classement qui nous place parmi les meilleurs. C’est merveilleux. Dans le second cas, nos prestations sont excellentes mais nos mérites ne sont pas reconnus par le jury. Un énorme scandale éclate!
    Finis le bidouillage et l’amateurisme( Tout cela se prépare, s’organise, se monte avec des experts en équitation académique et en communication. Qui est partant?

  24. Apparemment,

  25. Apparemment pas grand monde et surtout pas les coupeurs de crins en quatre!

  26. Je trouve personnellement que vous confondez équitation moderne et classique. Isa Danne, le blog de Demivolteface, Anja Beran, etc. Sont intéressants.
    Comme partout ce sont les dérives les problèmes. Je suis personnellement sans mors, mais je préfère une bride lâche que certaines utilisations des licols, mors simples ou même side-pull. Ensuite pourquoi critiquer une méthode, qui plus est protéiforme. On prend ce qui est bon dans chacun
    Alizée Froment j’ai vu une vidéo. Animal contracté, fouaillement de queue, impression de lourdeur. Très bof.
    Tradition et français sont pour moi de simples mots. Ce sont ses principes qui m’intéressent personnellement toujours dans la relation, l’harmonie et le moins de contraintes possibles (R+ par exemple j’ai vu une cavalière en liberté totale montée et R+ avec des pirouettes au galop. Excellent. Et américaine). Ce qui est du massacre avec les museroles ce sont les concours, la plupart des clubs. Une grande majorité j’entends.
    Oui il y a des dérives de Baucher, Karl, Oliveira, etc. Enfin ce sont des dérives.
    Saumur pour l’instant, je n’ai pas encore croisé de rolkur au contraire des concours et JO, et leur chevaux sont les plus détendus que j’ai vu pour l’instant. Après je n’ai vu que quelques vidéos.

    Je ne veux pas me revendiquer d’une méthode ou d’une personne, certainement pas d’une nationalité. Mais dans leurs principes et leurs applications, l’équitation classique est pour l’instant ce qui me parait le plus adéquat comme BASE de travail.

    On range sous équitation de tradition française les dérives modernes et plein de conneries. Mais non. Alors ne faisons pas d’amalgames.

  27. Allez en Espagne chercher l’équitation française c’est très français cela et surtout de notre siècle en Espagne c’est l’équitation espagnol au Portugal c’est l’équitation portugaise ils ne connaissent pas la légèreté ils connaissent que la brutalité de l’éperon et du caveçon pour obtenir un résultat ce sont des massacreurs de nez de Chevaux

    • reflexions equestres 14 mars 2018 à 6 h 59 min

      Je pensais notamment à Juan Diego Garcia Trevijano et à quelques autres et pas forcément à l’école de Jerez.

  28. L’équitation française va de Xénophon à Aubert .

    Renaît avec Oliveira , Henriquet, Pradier …

    Et puis il n’y a qu’une seule équitation : la bonne .

    Le reste est fumée , si je peux me permettre !

  29. Permettez-moi tout simplement de vous informer que l’Equitation demarre à la fin du 18ème et s’établit vraiment au 19ème siècles

  30. l’Equitation demarre à la fin du 18ème après mr de la Guérinilère et s’établit vraiment au 19ème siècles respectons l’histoire svp merci

  31. L’histoire de l’équitation démarre à la fin du 18ème en rejetant l’école ancienne du 16 au 18 ème les aires deviennent des sauts, le galop sur 3 pieds, le rassembler est modifié et la raison est simple et écrite dans l’Ecole de la Cavalerie et dans l’art de la Cavalerie les deux derniers traités de l’école Ancienne

  32. Pour S. Bravard

    Et la Broue …? et Pluvinel? et les traités espagnols de la Gineta ?
    et Dom Duarte ?

  33. Bonjour,
    Je découvre votre blog très intéressant.
    Je suis élève de Bernard peigne, lui même élève de bettina drummond et Michel henriquet.
    Nous organisons régulièrement des stages du côté de rennes
    Si vous êtes intéressés n hésitez pas à me contacter par mail.
    chtitelouloute_8@hotmail.com
    Bonne journée
    Aurélie


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