17 novembre 2015 ~ 9 Commentaires

Les pieds nus

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N’étant pas un spécialiste du cheval pieds nus, je vais juste raconter mon expérience personnelle.

Autrefois, j’avais eu du mal à trouver de bons maréchaux au point que j’avais décidé d’apprendre la maréchalerie mais devant la complexité que cela représentait, j’ai laissé tomber et j’ai rencontré un bon maréchal qui venait à peu près régulièrement.

Ceci-dit, j’ai toujours trouvé que parer les pieds toutes les six à huit semaines voir plus n’était pas satisfaisant car en fin de ferrure, les chevaux ne sont plus d’aplomb et souffrent au niveau des tendons et des articulations.

Le parage pied nu est beaucoup plus simple que la maréchalerie. Le principe de base est de ne toucher ni à la fourchette ni à la sole.

Ensuite, il faut tailler la paroi afin qu’elle ne soit pas trop importante et qu’elle ne casse pas. Il faut couper également les barres qui ne doivent pas dépasser la sole ou le talon. Et c’est tout.

Il y a environ trois ans, j’ai découvert le concept sur internet. Ça m’a tout de suite intéressé et je me suis documenté. J’ai ensuite contacté des pareurs mais soit ils n’ont pas daigné se déplacer soit leur vision des choses ne m’attirait pas beaucoup.

J’ai profité de la mise au pré d’une de mes juments il y a deux ans pour me lancer et me faire la main sans totalement savoir ce que je voulais obtenir.

Je suis ensuite tombé sur le blog « podologie équine libre » qui est une véritable bible dans ce domaine.

Mes idées étant beaucoup plus claires, je décidais il y a presque un an de déferrer ma jument pur sang anglais qui travaille tous les jours en dressage et saut d’obstacles. Je l’ai faite déferrer par le maréchal en lui disant que j’allais la mettre au pré. Il a fait la gueule. Avant cela, j’avais attendu qu’elle soit le plus en bout de ferrure possible afin que la sole et la fourchette aient poussé un maximum.

J’ai acheté un trépied « Hoof-it Junior », une pince à corne, une râpe et une rainette. J’utilise également une brosse métallique pour nettoyer les pieds et des gants. Petit conseil, prenez une rainette double tranchant, ce que je n’ai pas fait au début. Cela permet de faire les deux cotés plus facilement

Comme elle était en box, le fait de déferrer fait que la fourchette est plus en contact avec le fumier. Tous les trois jours, je lui passais un produit très efficace sur les fourchettes et la sole que j’utilise depuis de nombreuses années « the right step ».Malheureusement ce produit n’existe plus et son remplaçant « Farriers Finish » coûte le double de prix.

Je ne mettais rien sur la paroi car elle poussait trop vite. Le but est de faire pousser le plus vite possible la sole et la fourchette.

Je parais tous les trois jours en moyenne car j’ai commencé très progressivement de peur de faire des erreurs. Je voulais constater les effets de mes parages avant d’aller plus loin. Aujourd’hui, il m’arrive d’aller plus vite avec de nouveaux chevaux mais je n’hésite pas à vérifier tous les jours lorsque je cure les pieds.

La jument n’a jamais boité sauf lorsqu’elle s’est fait un abcès qui a percé et n’a mis qu’une semaine à guérir. J’avais commis l’imprudence de la laisser galoper dans un chemin très caillouteux.

Au début, elle n’aimait pas les carrières fibrées. Je pense qu’elle les trouvait trop dures. Sur les autres carrières, pas de problèmes.

Étonnamment, à l’obstacle, je n’ai jamais eu aucun problème. Il faut dire que ses fourchettes étaient de bonne qualité grâce à mon produit. En extérieur, j’y suis allé progressivement mais elle n’a pas eu de soucis à part son abcès. Sur terrain en herbe, elle ne glisse pas plus qu’avec les fers, pas moins non plus.

Ayant déménagé cette année, mes chevaux sont maintenant au pré en paddock-paradise. A part quelquefois un peu de sensibilité en extérieur je n’ai aucun problème. Je ne leur mets du produit sur la paroi que si la corne est très sèche, ce qui m’est arrivé bizarrement en octobre.

Leurs aplombs ont totalement changé. Ça se voit très nettement à la pousse de la corne. La qualité des fourchettes s’améliore sans cesse alors que mes chevaux évoluent sur un terrain plutôt humide.

Progressivement, on voit les pieds qui s’améliorent. Les défauts d’aplomb s’estompent tout seuls. J’avais une jument de trait breton complètement panarde, elle ne l’est quasiment plus. La nature fait bien les choses.

Pour rien au monde, je ne referrerais mes chevaux. Je ne vois que des avantages à les laisser pieds nus :

-          mes chevaux ont toujours des aplombs corrects. Je les gère comme je veux,

-          la qualité de la fourchette est incomparable et ce sans rien faire,

-          mes chevaux sont plus à l’aise,

-          je n’ai plus besoin de maréchal ferrant ce qui représente une économie substantielle,

-          j’utilise beaucoup moins de produits pour les pieds,

-          je n’ai pas besoin de mettre de protections.

Bien sûr, en extérieur, je suis obligé de faire attention. Je leur laisse le choix entre trotter sur le bitume ou dans le fossé. Ils n’aiment pas beaucoup trotter sur les cailloux. Je pense qu’avec le temps, cela va s’estomper un peu.

Ayant un à priori, je n’ai jamais mis de sandales. Aujourd’hui, si j’avais un problème avec un cheval à déferrer, je n’hésiterais pas à en mettre. Ça permet de faire la transition en douceur. Je pense que j’ai eu de la chance avec mes chevaux.

Pour aller plus loin : cliquez ici

Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

9 Réponses à “Les pieds nus”

  1. Bonjour
    Votre parcours ressemble en tout point au miens, avec les mêmes constats!
    J’utilise cependant les hipposandales en rando, les terrains ne sont pas toujours tres acceuillant pour les pieds…
    Le site de G.PARRISOT est un trésor d’info.

  2. C’est un joli pied dans le photo de votre blog. Vous l’avez trouvé ou?

  3. Bonjour, je découvre votre blog par cet article, belle réflexion sur le pied nu.
    Quel est ce produit « the right step » dont vous parlez ? Quelle compo, où le trouver ?
    Merci

  4. Bonjour Laurent,

    Avez vous suivi une formation ou vous êtes vous lancé sur la base de documentation ? Si oui la quelle, uniquement celle du site PEL ?

    Merci,

    Catherine

    • reflexions equestres 24 septembre 2017 à 23 h 08 min

      Je n’ai suivi aucune formation. J’ai appris progressivement tout seul en faisant des erreurs et des recherches sur internet. Principalement avec le site PEL et des groupes Facebook sur le pied nu.

  5. Olivain equcrin.olima@wanadoo.fr 4 janvier 2018 à 23 h 12 min

    Toute notre cavalerie de club et de compet est pieds nus depuis maintenant 10 ans que du bonheur mais il est vrai qu ils vivent tous en troupeau et minimum 10heures dehors par jour sur terrain dur et eau à volonté jamais nous ne ferions marche arrière

  6. je confirme que la transition avec les sandales (j’ai mis à l’avant seulement)fonctionne bien et permet de monter son cheval dès le début
    ma jument a mis 5 mois à faire sa transition…..j’en suis très satisfaite
    pareur toutes les 6 à 8 semaines…


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