20 septembre 2015 ~ 4 Commentaires

L’intelligence

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Les discussions pour savoir si le cheval est intelligent ou pas n’ont aucun sens.

Les chevaux ont leur propre intelligence qui n’a rien à voir avec la notre.

C’est pour cela qu’ils nous prennent souvent pour des imbéciles.

Les plus gentils essayent de nous éduquer. J’en ai parlé dans « le dialogue ». Les plus méchants se braquent.

Presque tous finissent par se résigner. Le dressage par la résignation ou la violence est d’ailleurs la méthode la plus utilisée encore aujourd’hui.

Que peut-on espérer en compétition d’un cheval résigné ? seulement 30 à 60% de ses capacités.

C’est pour cela que nos connaissances en éthologie doivent être travaillées encore et toujours. Ce sont elles qui nous donnent les clés de la compréhension des chevaux, mais pas seulement.

En effet, un élément fondamental de l’intelligence des chevaux est de cacher leurs douleurs. C’est vital pour eux car dans la nature, un cheval souffrant devient une proie pour les prédateurs. Alors que nous, prédateurs, passons notre temps à nous plaindre de nos douleurs réelles ou imaginaires.

Aussi, il en résulte une incompréhension totale entre les deux. On entend même dire que des chevaux simulent la douleur ou sont douillets. C’est vrai que les chevaux que l’on classe parmi les cracks semblent indestructibles. Jusqu’au jour où.

En réalité, peu de gens sont capables de déceler les douleurs et nous faisons tous souffrir nos chevaux inutilement. Au moins le temps de nous en rendre compte.

J’ai une jument pur sang très « douillette ». Pourtant, lorsque je vois sa douleur, il est déjà trop tard.

Récemment, je discutais avec une cavalière de haut niveau en dressage. Elle me disait que son dernier cheval acheté cher en Allemagne ne changeait pas de pied à droite. Pourtant, elle l’avait fait monter par beaucoup de monde (sic). Il arrachait les rênes.

Je lui ai demandé comment elle comptait résoudre ce problème. « Je les lui demande tous les jours » m’a t’elle répondu.

Pauvre cheval ! je lui ai dit que le problème venait forcément d’une douleur physique. Elle me répondit que non. Fin de la conversation.

Ma conclusion est que le cheval ne connaîtra jamais son plein potentiel pourtant surement très important. Elle le dresse par la résignation. A force, le cheval finira par le faire (ou pas). Il va développer des compensations physiques qui vont parasiter tout son travail.

Pourtant le cheval est violent. Que faut-il qu’il fasse de plus pour qu’il soit entendu ?

Dès qu’il manifeste une gêne quelconque dans le travail monté, il faut s’en préoccuper.

La première chose à faire est de descendre et de dessangler. Même si la défense nous parait banale.

Après, il faut faire éventuellement appel à des gens qui sont capables de trouver le problème ; vétérinaires, maréchaux, dentistes, ostéopathes, masseurs, podologues, comportementalistes, etc. Nous n’avons que l’embarra du choix. Un vétérinaire ostéopathe sera plus sensible aux problèmes des chevaux. J’ai la chance de pouvoir disposer d’une praticienne Shiatsu qui règle les problèmes que je n’arrive pas à résoudre moi-même.

On est très loin de la technique équestre. Pourtant, que de temps et de nerfs gagnés. Quand le problème est traité, tout devient facile et le mental du cheval change du tout au tout. Contrairement à nous, les chevaux n’aiment pas souffrir.

« Les chevaux cachent leurs douleurs » est la première et la dernière chose à enseigner aux cavaliers. L’excellence passe par là.

Les vrais cavaliers de haut niveau le savent bien et y mettent des moyens considérables. Par contre, certains prennent des raccourcis comme les infiltrations.

Je serais curieux de savoir combien de chevaux de haut niveau sont infiltrés. Fractionner le travail monté permettrait déjà d’éviter beaucoup de douleurs de dos.

Le cheval est techniquement considéré comme une mécanique. A une action physique du cavalier correspond une action du cheval. Toutes les méthodes purement techniques sont d’accord là dessus même si elles divergent sur les actions à effectuer.

Seulement, une mécanique ne fonctionne pas bien si elle n’est pas bien huilée ou si les pièces sont usées. Pourquoi en serait-il autrement avec les chevaux ?

Le squelette du cheval se renouvelle régulièrement. Aussi avons-nous toujours l’espoir de pouvoir le modifier ou le réparer.

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Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

4 Réponses à “L’intelligence”

  1. Bertrand de Pontbriand 1 octobre 2015 à 9 h 20 min

    Contrairement à nous, les chevaux n’aiment pas souffrir …

    Personne n’aime souffrir mais on peut accepter de souffrir s’il y a un bénéfice à la clé.

  2. Jean-Pierre PERCY 30 octobre 2017 à 16 h 11 min

    Je dirais effectivement et en conclusion, après avoir lu ce qui précède, n’incriminons pas l’intelligence du cheval, tournons-nous plutôt vers celle du cavalier.
    De ce point de vue, l’exemple du cheval qui ne changeait de pied que d’un côté est très parlant. La bêtise chez l’homme est de vouloir convaincre (vaincre) en faisant toujours plus de la même chose alors que l’intelligence est de persuader (étymologie latine: « par la douceur ») en tentant autre chose, voire en sachant revenir à une étape antérieure de la progression, admettant ainsi qu’elle a sans doute été mal comprise ou mal assimilée.
    Si le cheval souffre, il répond mal à nos sollicitations pour éviter la douleur et qui pourrait le lui reprocher? Tout doit donc être mis en oeuvre pour prévenir la douleur, notamment par la musculation des releveurs de la base de l’encolure, les exercices d’extension des renverseurs de l’encolure et de contraction de ses fléchisseurs, le développement du jeu des abdominaux pour accroître la capacité d’engagement et de détente des postérieurs, le tout pour que le (jeune) cheval retrouve son équilibre perdu sous le poids du cavalier. Mais combien se préoccupent de cette gymnastique préparatoire aussi indispensable au cheval de promenade qu’à celui de dressage, de CSO ou de concours complet?

  3. « les humains? font les choses simple de façon compliqué! »


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