17 juillet 2015 ~ 12 Commentaires

L’ignorance

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                            ignorer-son-ignorance[1]

En équitation, nous sommes tous de très grands ignorants.

Pour s’en convaincre, je peux prendre des exemples de coachs intouchables comme Georges Morris, entraineur de l’équipe américaine, qui dit qu’il ne sert à rien de tourner les chevaux à la longe et qu’il vaut mieux les monter ou Serge Cornut entraineur de dressage à succès de l’équipe de France de complet, qui reconnait n’avoir lu qu’un seul livre de dressage dans sa vie. Je peux en prendre encore beaucoup d’autres mais ce n’est pas le sujet. 

A leur décharge, il n’existe que très peu d’études scientifiques sur les chevaux et celles-ci restent bien souvent confidentielles, surtout si leurs conclusions déplaisent aux cavaliers bien pensants. Il est étonnant de voir comme les revues spécialisées filtrent ces études au lieu de les diffuser. Des fois qu’elles déplairaient à leurs annonceurs.

De même, pour des raisons difficiles à comprendre, nous avons au 20ème siècle été totalement coupé de nos racines. Qui connait les exploits techniques qu’était capable de réaliser le capitaine de Saint Phalle au début du siècle par exemple ? comme il m’a fallu attendre 30 ans d’équitation pour apprendre l’existence de Beudant. Inadmissible. 

Comme je l’ai déjà dit, seule une poignée de personnes à Saumur ont gardé une partie de ces connaissances. Ils ne l’enseignent que de façon très confidentielle. Même entre eux, ils ne les partagent pas forcément.

Heureusement, Internet nous permet de redécouvrir cet immense savoir oublié. Vous pouvez lire les livres anciens que j’ai récupérés dans l’onglet « quelques livres » et de nombreux blogs nous ouvrent l’esprit sur d’autres connaissances. Nous détenons tous une toute petite part de vérité. Merci à tous ceux qui nous la font partager. Il faut continuer à diffuser nos maigres connaissances. 

Pourtant, je ne sais pas s’il existe un autre domaine ou le savoir est si faible et où les pratiquants ont si peu la volonté d’apprendre.

Le club ou j’avais mes chevaux jusqu’à présent me servait de source d’inspiration sur tout ce qu’il ne fallait pas faire. 

Je vois des médecins, des kiné qui ne prêtent aucune attention à leurs chevaux. Ils ne sont là que pour se vider la tête et ne se posent aucune question. J’espère qu’ils ne pratiquent pas de la même façon avec leurs patients !

Ceux qui veulent progresser ne jurent que par la technique. Ceci est compréhensible car tant qu’on ne la maîtrise pas, on ne se rend pas compte qu’elle ne résout finalement pas grand chose. Ce qui est incroyable, c’est de voir des professionnels ne pas se poser de questions face aux difficultés que rencontrent leurs élèves. Ils ont une méthode et s’y tiennent coûte que coûte. Je vois certains reportages techniques sur Equidia qui me font bondir tellement les méconnaissances de certains grands professionnels sont importantes. 

Si vous organisez un stage avec un coach technique renommé, vous aurez du succès. Qu’en retiendront vraiment les participants ? très peu de choses au final comme je l’ai déjà expliqué dans « les stages ». Ils pourront surtout dire « j’y étais ».

Toujours dans mon club, tout le monde travaille dans son coin et ne demande conseil à personne, ce serait déshonorant ! parfois, je m’aperçois que mes techniques ont été copiées mais personne ne m’a demandé pourquoi je fais ça. Aussi, les voir appliquer de façon caricaturales me fait toujours sourire. 

Ceci dit, la plupart du temps, je passe pour un extra-terrestre. Actuellement, c’est à cause de mon travail fractionné qui étonne beaucoup et qui pourtant me fait monter une marche supplémentaire d’une importance capitale.

Chaque fois que voyant les chevaux et/ou les cavaliers en difficulté, j’ai voulu intervenir gentiment, je me suis fait des ennemis.

Aujourd’hui, j’attends que l’on me demande conseil. Ils sont d’ailleurs rarement suivis car beaucoup trop loin des connaissances apprises.

Sinon, je ferme les yeux pour ne pas voir la souffrance et la détresse des chevaux que ce soit au box, au paddock ou au travail. Il est vrai qu’en tant qu’amateur, j’avais bien assez à m’occuper des miens. 

J’espère pouvoir développer en Vendée ma propre structure à destination des personnes qui, comme moi, voudront vraiment se poser des questions.

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Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

 

12 Réponses à “L’ignorance”

  1. Bonjour!
    je me sens obligée de commenter, car j’ai l’impression de m’entendre penser… vous avez juste 10 ans d’avance sur mon début de réflexion et d’expériences ‘solitaires’, et cela m’encourage à continuer, malgré le regard des autres.
    Merci pour votre courage d’aller au bout de vos intuitions.

  2. Fantastiques votre recueil d’articles, vos conseils et l’ouverture d’esprit que vous apportez aux cavaliers. Moi aussi je perçois la souffrance dans l’œil de certains chevaux et déplore que la plupart des cavaliers non seulement ne le voient même pas mais aussi ne se remettent jamais en question. Merci pour votre générosité qui nous permet de bénéficier de votre expérience et de vos recherches. Vive le progrès pour le bien être des chevaux et bravo à ceux qui comme vous parviennent à divulguer leurs connaissances.

  3. Je suis rassurée de voir que je ne suis pas la seule à penser cela.
    Mais pourquoi donc le savoir équestre est-il un secret bien gardé ??
    Pourquoi si peux de cavaliers s’échangent des conseils ?
    Comme si le fait de donner ces informations allait les rendre moins bons ?…
    C’est bien dommage :(
    En tout cas merci à toi, de ne pas être comme eux ;)

  4. Bravo pour votre parcours, vos réflexions, vos partages…en effet, si le monde du cheval fonctionnait ainsi, ça changerait pas mal de choses !

    Mais quel milieu ingrat, où l’égo règne en maître et la critique systématique des autres prime sur le reste.
    Bref,encore chapeau pour votre ténacité, et continuez ainsi surtout !!

    • reflexions equestres 9 août 2017 à 19 h 11 min

      Merci. Comme je l’explique dans ma dernière vidéo; il y a deux façons de s’élever: soit en rabaissant les autres soit en travaillant sur soi même.

  5. Jean-Pierre PERCY 26 octobre 2017 à 19 h 03 min

    Pour reprendre une citation célèbre du cinéma d’avant-guerre, je dirais: »comme c’est bizarre! » Mais qu’est-ce qui est donc bizarre? Ce qui est bizarre, c’est que la plupart des cavaliers sont effectivement ignorants tout en prétendant savoir. Certains ne savent rien ou presque, c’est vrai. D’autres savent pas mal de choses, mais pas nécessairement celles qui sont importantes. J’en ai connu un certain nombre qui dissertaient sans fin sur une équitation qu’ils étaient bien incapables de pratiquer mais qui ignoraient les fondamentaux.
    Quels sont donc ces fondamentaux?
    On peut définir l’équitation comme l’art d’accorder deux mécanismes vivants qui jamais … oh grand jamais, n’ont été conçus, l’un pour encaisser secousses et accélérations, l’autre pour supporter sur une colonne vertébrale élastiquement suspendue entre les épaules les 2/3 de la masse de cet intrus, sachant que l’un comme l’autre sont dissymétriques et que leurs défauts s’additionnent.
    Il est donc fondamental de bien connaître ces sources de difficultés et de découvrir progressivement les moyens d’en venir à bout. Ce fut, dans les années 30 le mérite du commandant Licart. Tout cavalier devrait assimiler son « Equitation raisonnée » bien avant de s’intéresser, par exemple, à la quantité de bauchérisme qui subsiste chez Beudant.
    Après Licart, je crois, mais je ne l’ai pas connu personnellement, que c’est le vétérinaire Pradier qui s’est intéressé à ces questions prioritaires.
    C’est quand on a bien compris le fonctionnement et les contraintes de ces mécanismes que l’on peut mieux appréhender dans cet ordre les questions relatives à l’efficacité de l’assiette, aux effets des aides et à la gymnastique corrective du cheval.

    • reflexions equestres 26 octobre 2017 à 19 h 25 min

      Je n’ai pas encore lu le commandant Licart mais je sais qu’il est très controversé. Sinon, je suis d’accord avec votre commentaire. Je rajouterais l’importance du mental du cavalier dans la relation avec le cheval.

  6. Jean-Pierre PERCY 27 octobre 2017 à 17 h 34 min

    Mon texte précédent contient une erreur que le lecteur avisé aura rectifié de lui-même: c’est bien entendu la partie du dos et du thorax suspendue entre les deux épaules du cheval qui supporte les 2/3 du poids du cavalier et non le dos entier.
    J’ai bien connu le commandant Licart un écuyer rigoureux qui, pour tout ce qui concerne la mécanique équine a soumis ses textes à des experts renommés (au vétérinaire professeur Marcenac notamment).
    Les controverses ont, à ma connaissance, porté sur l’assiette. Dieu sait pourquoi, les militaires ont mis à la mode au début du XXe siècle le recul de l’assiette (il fallait être assis « comme sur une chaise »). Ils ont été suivis dans cette voie par quelques modernes comme Jean d’Orgeix.
    Le mérite revient au colonel Danloux, assisté dans ce domaine par Jean Licart, d’avoir prôné vers 1930 le retour au classicisme – de La Guérinière à Baucher en passant par tous les écuyers intermédiaires – qui préconisait
    l’avancée de l’assiette au plus près du pommeau, à cette différence près, que les moyens d’investigation modernes (le cinéma notamment) permettaient d’en justifier rationnellement le bien-fondé.
    L’empirisme de quelques réfractaires a nourri les controverses auxquelles vous faites allusion à juste titre.

  7. Jean-Pierre PERCY 29 octobre 2017 à 12 h 04 min

    Relisant l’ensemble des interventions sur ce forum dédié à l’ignorance et profitant d’avoir évoqué le souvenir du commandant Licart, je pense que les internautes seront intéressés par quelques réflexions sur la pédagogie. Le philosophe Gaston Bachelard disait à regret que ça n’était pas la préoccupation des enseignants français.
    Licart était non seulement un théoricien pointu, il était aussi un pédagogue de génie.
    Il savait que pour apprendre (c’est le quoi), il faut comprendre (c’est le pourquoi), mettre en application (c’est le savoir-faire, le comment) et enfin pratiquer (c’est le où et le quand).
    Il avait en outre parfaitement assimilé la notion de pédagogie par objectifs dont les étapes successives doivent toujours être exprimées par le début de phrase « être capable de … » Ainsi , si j’enseigne la rêne d’ouverture, l’objectif n’est atteint que lorsque mes élèves sont capables de faire exécuter correctement une volte à leur cheval par la rêne d’ouverture.
    Il en est de même de la pédagogie différenciée: tous les membres d’une reprise ne passent pas par le même cheminement pour devenir « capables de … ». Il convient donc que l’enseignant applique à chacun la démarche adaptée qui lui permettra de réussir. son apprentissage.
    Tout ce que je viens d’écrire vaut pour l’école, le collège, le lycée, la faculté et … la leçon d’équitation. Hélas, quels enseignants mettent en application? Jean Licart était un virtuose de l’enseignement de l’équitation à défaut d’être un écuyer mirobolant. Mais les forts en maths sont-ils les mieux placés pour les enseigner?


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