05 juin 2015 ~ 7 Commentaires

Le travail fractionné

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Suite à mes réflexions sur le poids du cavalier, j’ai décidé de fractionner systématiquement mon travail en séances de 10 minutes entrecoupées par 5 minutes de marche en main dessanglé.

Même chose en extérieur.

Mon accessoire essentiel devient le chronomètre même si avec le temps je sais ce que je peux faire en 10 minutes. 

Ainsi, j’ai totalement modifié le rapport avec mes chevaux. Les temps de travail étant courts, ils sont beaucoup plus motivés. Ils ont à cœur de bien travailler pour me faire descendre le plus vite possible.

L’impact psychologique est très important. 

De plus, leur dos fonctionne beaucoup plus efficacement. Le muscle grand dorsal retrouve de l’épaisseur. Je le vois dans le travail à pied. 

Leur dressage en est grandement facilité et accéléré. 

Lorsque le cheval est chaud, le fait de descendre 5 minutes fait retomber la pression. A l’inverse, les chevaux mous ont le temps de s’échauffer tranquillement en marchant. 

Bien sûr, le cheval doit être préalablement parfaitement dressé au montoir, c’est à dire rester immobile, afin de ne pas prendre de risques en extérieur.

Mais là encore, le fait de le faire plusieurs fois dans la même séance contribue à banaliser le montoir. 

A la maison, je monte avec un marchepied ou sur un plot pour préserver le dos.

Quand j’ai commencé à faire ça, les autres cavaliers se moquaient. Aujourd’hui, tout le monde le fait.

Lorsque mes chevaux se défendent, je descends et je pense à la façon de demander l’exercice.

J’ai toujours dans ma tête plusieurs façons de procéder et ce temps de repos me permet de chercher la meilleure façon de faire. Il n’y a pas que le cheval qui réfléchit !

Cela me permet également de retrouver éventuellement mon calme.

Bien sûr, je ne fais pas ça en extérieur car cela pourrait devenir du vice et il serait dans ce cas difficile de remonter. A la maison, ce n’est pas un problème.

D’ailleurs à ce propos, je ne sors que rarement de la carrière en selle. C’est une mauvaise habitude qui amène les chevaux à paddocker. Les miens savent que je ne sortirais de la carrière qu’à pied. 

Avec cette méthode, tout conflit est évité. Lorsque ça ne va pas, le cheval obtient ce qu’il veut ; que je descende.

Ensuite, il se calme progressivement.

Lorsque je remonte, tout est différent. Si je n’y arrive toujours pas, je recommence.

Cela me permet de faire une séance longue quasiment sans fatigue et dans un calme absolu.

Le calme est ce que les chevaux apprécient le plus.

La fatigue amène des courbatures qui ralentiront forcément le travail des jours suivants. C’est une perte de temps inutile.

Quand j’obtiens ce que je veux, je descends et rentre à l’écurie.

« Demander souvent, se contenter de peu, récompenser beaucoup » disait Baucher.

Kevin Staut descend systématiquement de son cheval avant de rentrer en piste, dessangle, replace sa selle, ressangle et remonte.

C’est je pense, ce qui fait la différence avec ses concurrents.

Il laisse aux muscles du dos un peu de temps pour récupérer.

La finale tournante des championnats du monde se passe toujours assez bien.

Dans cette épreuve, les chevaux n’ont la selle sur le dos que très peu de temps avec chaque cavalier. C’est une des explications. 

C’est une notion à vraiment intégrer qui ne correspond pas à la manière traditionnelle actuelle de monter.

Elle est pourtant d’une grande logique et donne des résultats dans les trois domaines qui nous intéressent; aussi bien sur le plan physique que mental ou technique.

C’est une méthode qui a été oubliée après la guerre de 14 et l’arrivée de l’équitation dite « sportive ». Elle était pourtant largement appliquée depuis des siècles.

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Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

7 Réponses à “Le travail fractionné”

  1. Bonjour,

    Je suis très intéressée par le travail fractionné et pense l’essayer avec mon grand poney de 14 ans (qui ne présente pas de problème particulier) . Par contre je me demande si en effectuant plusieurs montoirs dans une séance on ne fait pas plus de mal que de bien. Je monte toujours à cheval depuis un banc, mais même avec cette aide, j’appuie mon pied gauche dans l’étrier avant de passer la jambe droite et cela tire sur la selle/ et le dos. Quand je monte a cru, je me voie aussi le tordre et atterrir un peu lourdement à mon gout ( malgré mes efforts) . Quant à monter depuis le sol, je le fais parfois en forêt quand je dois descendre et je trouve ça très violent finalement, je ne pense pas que je fractionnerai le travail quand je ne dispose pas d’un banc/chaise/plot pour éviter la violence d’un montoir depuis le sol.
    Avez vous une méthode de montoir plus douce que la mienne peut être ?
    Merci pour votre blog, il est absolument passionnant et j’éprouve beaucoup de plaisir à le parcourir.

    • reflexions equestres 4 décembre 2015 à 20 h 47 min

      Vous avez raison. C’est pour cela que j’essaye de monter alternativement des deux cotés. Même si du coté droit j’ai plus de mal. Je pense que c’est une question d’habitude.

  2. Bonjour,
    Je suis très intéressée par le travail fractionner qui me semble bénéfique pour ma jument, qui a tendance à ne pas être patiente et qui s’énerve. Je l’a travaille aussi en longe, sans enrenements, et je suis revenue à me poser la question du travail fractionner en longe, est-ce que vous l’utiliser ? Et si oui, vous procéder comme pour le travail monté ou de une autre manière ?
    Merci d’avance et continuez votre blog qui est très inspirant !

  3. Bonjour,

    Je viens de lire votre article, très intéressant.

    Je pratique le travail fractionné. Cependant, je suis également meneur d’attelage, mais depuis seulement deux ans, et je me demandais s’il existait une méthode similaire pour l’attelage, puisque par définition mon cheval est solidaire de la voiture.

    Merci de m’avoir lu.

    • reflexions equestres 26 octobre 2016 à 13 h 32 min

      Je ne connais pas l’attelage, je ne pourrais pas vous répondre. Cependant, j’imagine que ça crée des douleurs au poitrail. Il faut donc faire attention. Je ne connais pas d’études scientifiques sur ce sujet.

  4. Bonjour,merci,pour ce retour d’expérience
    « bien travailler,pour me faire descendre au plus vite… »
    en effet cette idée doit être présente…mais peut être réductrice
    vu l’envie du cheval de vous faire plaisir.d’autre part ,le montoir,oui soulager le cheval,oui,n’oublions pas aussi d’améliorer notre manque de souplesse….cause de bien des tractions malheureuses.
    Je vous rejoins sur la nécessité de fractionner (même si je vous laisse le chrono éé),sur l’importance du travail à pied et bien sûr de se contenter de peu…Cette technique va aider le dresseur à se structurer et éviter d’en faire de trop (la plus lourde erreur).cavalièrement votre .Jean-Yves (John Moon)


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