26 avril 2015 ~ 7 Commentaires

La musculation du dos

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De tout temps, j’ai entendu parler de la nécessité de muscler le dos des chevaux pour qu’ils supportent le cavalier et qu’ils travaillent à l’endroit. 

Pourtant, si l’on réfléchit un peu, on se rend compte que ce n’est pas aussi simple à faire. 

Le principal muscle du dos est le grand dorsal. Il y en a un de chaque coté des vertèbres. Pour qu’il se muscle, il faudrait qu’il se contracte. Je ne vois pas quel exercice pourrait le contracter si ce n’est par la locomotion car c’est un muscle qui fait le lien entre l’arrière et l’avant main du cheval. 

D’autre part, ce muscle est celui qui supporte la selle et le poids du cavalier.

Comment peut-on faire travailler un muscle que l’on comprime en permanence sur plus de la moitié de sa longueur ?

C’est impossible.

C’est même l’inverse qui se produit, le muscle s’atrophie gravement.

Plus on veut muscler le dos et plus on le dégrade. L’enseignement classique d’une heure de cours est donc une maltraitance de plus pour les chevaux. 

En fait, ce n’est pas le dos que l’on peut comprimer mais les abdominaux.

Ce sont eux qui se contractent lorsqu’on travaille le cheval vers le bas. Ce sont eux qui aident le dos à se tenir. Comme pour les humains, pour avoir un bon dos, il faut avoir de bons abdominaux. 

Nous n’avons aucun problème pour muscler les abdominaux, si ce n’est le passage de la sangle qui les comprime sur une petite surface. C’est le but du travail bas et rond.

Celui-ci est beaucoup (trop ou mal) pratiqué à la longe, beaucoup moins monté.

Le docteur Pradier a contribué à faire augmenter cette pratique qui commence à être courante, plus ou moins accentuée selon les écoles sur l’angle d’ouverture de la tête et la hauteur d’encolure avec toutes les polémiques que l’on connait.

Ce travail n’a qu’un seul but ; muscler les abdominaux même si parfois, il a des conséquences graves sur le reste du squelette. 

Les Bauchéristes et assimilés s’opposent à la descente d’encolure et je pense que c’est une erreur car elle seule permet de muscler les abdominaux et sans cela, le cheval sera toujours gêné dans son travail avec un dos en forme de baignoire.

Cela explique les fouaillements de queue que l’on voit souvent.

Oliviera, même s’il n’a jamais vraiment expliqué pourquoi, l’avait bien compris. Il ne redressait les chevaux que quand ils travaillaient correctement vers le bas. 

Alors oublions définitivement les muscles du dos, dont l’importance est plutôt morphologique et n’est pas liée au travail.

Essayons surtout de ne pas les abîmer en fractionnant notre temps en selle.

Travaillons régulièrement vers le bas plusieurs fois par séance car c’est seulement avec des abdominaux forts que le cheval pourra faire tout ce qu’on lui demande quelle que soit la discipline pratiquée.

Un cheval entraîné est un cheval aux abdominaux développés.

Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

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7 Réponses à “La musculation du dos”

  1. bonjour,

    article très intéressant, et la remarque sur le bauchérisme et la descente d’encolure est très juste et nuancée dans les bonne proportions : le bauchérisme est selon moi dans le vrai, mais quelques erreurs ont provoqué son rejet total par une majorité d’intelligences équestres.

    Vos commentaires me font penser à des extraits de l’ »Equitation Raisonnée » du Commandant Licart :

    « L’élévation de la base de l’encolure favorise au contraire l’action des abdominaux, c’est-à-dire-l’engagement des postérieurs et réciproquement.

    Seul le défaut d’élasticité des renverseurs de l’encolure s’opposant à la flexion de la région de la nuque, et par conséquent, à l’élévation de la base de l’encolure, dont l’engagement des postérieurs dépend, l’adaptation du cheval doit logiquement commencer par une gymnastique qui fait travailler en élongation les renverseurs de l’encolure.

    Cette gymnastique est à base d’incurvations et d’extensions d’encolure. »

    puis un peu plus loin :

    « Les extensions d’encolure font travailler simultanément les renverseurs de l’encolure en élongation, mais il y a lieu de remarquer que les extensions d’encolure ne peuvent produire cet effet que si elles sont faites le bout du nez cheval s’abaissant pendant le mouvement, ce qui correspond, comme par un mouvement de bascule, à l’élévation de la base de l’encolure (engagement des postérieurs). »

    Le sentiment pour beaucoup de « faire un dos à son cheval » est, je pense, lié aux conséquences de l’effet de tension des ligaments supérieurs du dos du cheval lorsque le ramener du cheval se perfectionne et/ou quand l’engagement des postérieurs augmente. Tout ceci est également bien expliquer par le commandant Licard ainsi que… par les équipes de l’émission « C’est pas Sorcier » ! : https://youtu.be/af1EvEtgsuY?t=862

    Merci pour vos articles et votre vision personnalisée de tout cela, très enrichissant, je suis « presque » fan de tout (ce qui en équitation est extrêmement rare).

    Bien Cordialement,
    Euclides

  2. une autre phrase de votre article « me plait bien » :

    « Comme pour les humains, pour avoir un bon dos, il faut avoir de bons abdominaux. ».

    => soyons au moins aussi exigeants envers nous-mêmes qu’envers nos amis et élèves équidés.
    => soucions nous autant de notre propre équilibre à cheval et de son effet sur celui de notre monture que de celui de notre cheval.

    Ce sont deux de mes règles d’or qui m’ont toujours aidé à progresser. La 2nde provient d’un élève de Jean d’Orgeix (Christophe Cuyer) que j’ai vu faire piaffer un SF de 5 ans avant d’aller essayer (avec succès) un vertical d’1m50. Je n’ai jamais vu quelqu’un utiliser aussi bien son propre équilibre pour influer sur celui de son cheval et de maitriser ainsi sa trajectoire (le saut pour le CSO ou l’élévation par le piaffer ou la courbette pour le « dressage »).

  3. Article intéressant, auquel je reproche une inexactitude:ce muscle est celui qui supporte la selle et le poids du cavalier.(en parlant du grand dorsal). Cette inexactitude est souvent énoncée, malheureusement. Les muscles servent à la locomotion. Le poids du cavalier, quant à lui, est supporté par la tige vertébrale du cheval . Et l’orientation que le cavalier va donner au dos , en travaillant les abdominaux et leurs antagonistes (contraction des premiers et élongation des seconds), a pour but de renforcer la capacité portante du squelette. Equestrement,

    • reflexions equestres 7 mai 2015 à 21 h 38 min

      Yves, je ne comprends pas « cette inexactitude ». Il faut qu’on en reparle. Le grand dorsal est un muscle que l’on voit à l’oeil nu, qui est à fleur de peau. Je ne vois pas comment le cavalier et la selle n’appuierait pas dessus ? qu’entends-tu par tige vertébrale ? as-tu regardé la vidéo de l’article sur le poids du cavalier ?

  4. J’aime beaucoup cet article. Et sa conclusion va dans le sens de l’équitation classique : le travail des postérieur permet la mise en place progressive de tout le reste. Et le travail des seuls postérieurs par la recherche de leur flexion en épaule en dedans, par des allongements et des ralentissements rapprochés, amène d’abord le cheval à chercher son équilibre par un abaissement de l’encolure et au fur et à mesure de sa musculation, à une élévation de son avant-main sans intervention de la part du cavalier. Et c’est bien ce que faisait Oliveira dans la majeure partie de sa carrière.

  5. quand on parle de muscler un dos , on veut dire que les grands muscles qui attachent les épaules aux cotes fonctionnent librement ,

    et en cela ils libèrent les muscles longs dorsaux qui alors servent au mouvement du cheval et non à porter le poids humain …

    les muscles dorsaux une fois liberés des contractions parasites , s’exercent , et en cela ils prennent de la force et de la puissance …


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