01 février 2015 ~ 4 Commentaires

Le poids du corps

 

 

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Il n’y a pas beaucoup de règles d’or en équitation tant les chevaux sont différents. Pourtant, il en est une que je tiens à signaler d’autant plus qu’elle semble relativement méconnue même par les grands entraineurs. Beaucoup d’auteurs anciens ou modernes disent d’ailleurs le contraire.

C’est Jean Philippe Giacomini qui m’en a fait prendre conscience lors de son intervention de mars 2014 chez Michel Henriquet. Cette petite règle simple permet de résoudre bien des problèmes. 

Lorsque l’on demande une incurvation au cheval, quel que soit l’exercice, le poids du corps du cavalier doit être à l’extérieur du pli.

Par exemple, sur une volte à droite, le poids du corps se porte plus à gauche; étrier gauche, fesse gauche, voir épaule gauche. 

La raison en est simple; à l’intérieur, les vertèbres se rapprochent et il ne faut surtout pas ajouter du poids dessus car cela gène le mouvement du cheval voir lui crée de la douleur au niveau des cotes et des vertèbres.

Jean Philippe Giacomini prend également l’exemple d’une brouette que l’on veut faire tourner. Pour cela, il faut se déplacer vers l’extérieur. 

Michel Robert, l’explique aussi dans ses vidéos. Pour tourner court à la réception d’un obstacle, il faut se pencher du coté inverse au tournant. Exemple, pour tourner à droite, mettre le poids à gauche. Cela permet également de se réceptionner sur le bon pied.

Cette règle est valable pour tous les plis et quelle que soit l’allure : 

- dans l’épaule en dedans, le poids se porte dans le sens du mouvement,

- dans l’appuyer, c’est l’inverse car le pli est le même que pour l’épaule en dedans mais le mouvement est inversé,

- dans la pirouette, le poids est plus à l’extérieur,

- dans la pirouette renversée, le poids est plus à l’intérieur.

C’est théorie peut venir en contradiction avec celle que j’appellerais « du ballon ». Plusieurs auteurs considèrent le cheval comme un ballon. Lorsque le cavalier veut le faire aller à gauche, il se penche à droite et inversement. Cette théorie est valable pour l’appuyer par exemple car le pli est dans le bon sens. Elle ne l’est pas pour l’épaule en dedans car elle crée surtout des douleurs et la douleur est ce qu’il faut éviter par dessus tout au cheval si l’on veut obtenir sa collaboration maximale. 

En fait, il suffit de penser à mettre le poids à l’extérieur de la courbe que l’on imprime au cheval. Ce n’est pas compliqué de s’en rappeler et les chevaux vous diront merci !

Bien sûr, il faut doser son appui. Il ne s’agit pas de partir à gauche quand le cheval part à droite. A grande vitesse, c’est la séparation de corps assurée. 

Pour le départ au galop à droite, par exemple, il faut mettre le poids du corps à gauche et donc incurver légèrement le cheval à droite. Ainsi, tout devient plus simple.

Le changement de pied s’obtient par le changement des aides et donc du poids. Dans l’exemple précédent, le poids passe de gauche à droite et le pli est inversé. 

Dans les changements au temps, c’est la même chose avec plus de rapidité. Le poids du corps se balance à chaque foulée. La rapidité d’exécution ne laisse pas tellement de temps au changement de pli. Il faut donc les obtenir le cheval restant droit. C’est pour cela que le changement de pied au temps est une allure à part entière qu’il faut apprendre au cheval. Quand il la connait, il n’y a (presque) plus rien à faire.

Je préfère d’ailleurs apprendre à mes chevaux le changement de pied au temps sur le cercle car ainsi, le changement de pli est possible et le mécanisme est plus facile physiquement et mentalement pour le cheval. La plupart des cavaliers pensent que cet exercice est plus difficile sur le cercle. Je ne suis pas de cet avis. 

Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’aide les cavaliers qui travaillent seuls à avoir un cheval heureux et motivé pour pratiquer une équitation sans contrainte grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique) car je pense que rien n’est plus important que la compréhension du cheval.

Pour aller plus loin : cliquez ici

4 Réponses à “Le poids du corps”

  1. Le poids du corps ne doit être ni à l’intérieur, ni à l’extérieur. En toutes occasions, le cavalier doit rester centré. Lors d’un déplacement latéral, il « pèsera » sur la fesse du côté du membre qu’il sollicite,et le bassin accompagnera le déplacement du cheval en cadence avec le postérieur en phase de soutien. Lors d’un changement de direction ,le poids du corps se placera de façon à contre carrer l’éventuel déséquilibre du cheval.

  2. Bonjour, avez-vous des exercices à proposer pour apprendre à bien orienter « le poids du corps » ?
    J’ai beaucoups de mal à réaliser ces petites translations de poids.
    Je suis très souvent « sur la mauvaise fesse », j’ai tendance à porter le poids sur la fesse de la jambe qui demande.
    Donc souvent la jambe du pli…
    Je suis piètre cavalière, vous l’avez compris.
    merci d’avance pour vos conseils

    • reflexions equestres 14 octobre 2016 à 21 h 09 min

      Je ne peux que vous conseiller de faire les exercices du livre « nouvelle équitation centrée » de Sally Swift qui sont essentiels pour la connexion avec son cheval.


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