23 février 2014 ~ 1 Commentaire

Le mouvement en avant

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Comme le Général l’Hotte, je préfère parler du mouvement en avant plutôt que de l’impulsion car l’impulsion c’est uniquement dans la tête du cheval et cela dépend beaucoup de son caractère propre et des circonstances, alors que le mouvement en avant provient de la demande du cavalier.

Jean Claude Racinet disait d’ailleurs qu’il faut développer l’auto-impulsion, c’est à dire l’envie du cheval de se propulser de lui même. C’est par exemple le cas lorsqu’on travaille le trot après le galop. souvent, le cheval est plus motivé. 

D’ailleurs, pour avoir un cheval en avant, il est préférable de l’échauffer avant de le monter. Pousser un cheval qui sort du box, c’est s’exposer tôt ou tard à des problèmes physiques. J’en ai déjà parlé.

De même, il est plus facile d’avoir un cheval en impulsion en extérieur que dans un manège.

C’est d’ailleurs surprenant d’imposer à nos chevaux de tourner en rectangle ou en rond dans un manège avec beaucoup d’énergie, tout ça pour revenir au point de départ après avoir fait un tour ou plus couramment, de (trop) nombreux tours !

Si le cheval a un tant soit peu d’intelligence, il doit penser que nous sommes de grands malades.

Certains cavaliers disent que leur cheval n’aime pas le dressage.

Comment pourrait-il en être autrement dans de telles conditions ?

Seul un cheval ayant de l’énergie à dépenser peut supporter ça sans déprimer.

D’où des chevaux survitaminés ou non sortis régulièrement qui deviennent dangereux. Ceci explique cela. 

Pour revenir au mouvement en avant, deux théories s’affrontent :

  • la première le met avant tout autre chose avec une assez forte tension des rênes pour l’obtenir. C’est notamment la méthode allemande.

 

  • dans la deuxième, la formation du cheval passe avant le mouvement en avant. C’est notamment la méthode Baucher.

Le risque que l’on rencontre souvent c’est que les premiers n’ont jamais de chevaux vraiment dressés car le mouvement en avant permet de masquer les insuffisances du dressage alors que les seconds n’obtiennent jamais ce mouvement en avant, les chevaux s’habituant très vite à travailler sans lui.

Là est toute la subtilité de l’équitation; trouver le compromis entre éducation et mouvement. 

Je pense qu’il faut pratiquer les deux méthodes alternativement selon l’objectif recherché :

L’obéissance s’obtient plus facilement dans le mouvement en avant. De même, il est possible de cette façon de masquer les carences du cheval.

Les chevaux jeunes, rétifs où difficiles ont besoin de celui-ci. Par contre, c’est un leurre de penser que l’on peut dresser un cheval de cette façon.

C’est comme cela que l’on obtient des chevaux qui tirent à la moindre demande qui les contrarie. C’est pourtant pratiquement la seule méthode enseignée dans les centres équestres. 

Le véritable enseignement du cheval se fait avec uniquement le mouvement en avant nécessaire à l’exercice demandé.

De ce fait, il n’a pas d’échappatoire et avec l’habitude, il comprend que l’on veut lui apprendre un nouvel exercice. Cela permet une grande précision dans la soumission et dans la réalisation de l’exercice demandé.

C’est pour cela que l’apprentissage des exercices doit se faire au pas ou à l’arrêt. 

Par contre, je reconnais qu’il est particulièrement difficile ensuite de rajouter le mouvement en avant une fois que l’exercice est compris par le cheval.

Carlos Pinto dans le film « une leçon avec Carlos Pinto » indique qu’il faut alterner assouplissements et mouvement en avant afin de pouvoir lier les deux progressivement.

Pour être complet sur ce chapitre, il faut rajouter la notion bien connue des cavaliers d’obstacles qui est d’avoir le cheval devant soi. C’est essentiel pour éviter les mauvaises surprises à l’obstacle. Il ne faut jamais passer devant son cheval.

Pour savoir si le cheval est en impulsion, il suffit d’aller sauter un obstacle ou une barre par terre. S’il garde sa cadence et arrive sur une place facile, c’est qu’il est en avant, sinon c’est qu’il ne l’est pas. Voir l’article sur les barres par terre. 

Le cheval doit porter le cavalier et non l’inverse. Il faut y être très vigilant car sinon, insensiblement, il finit par se laisser porter.

Pour terminer, je rappelle que le mouvement en avant n’est possible que sur un cheval qui n’a pas de blocage au niveau de la première et troisième thoracique. Demander le mouvement en avant sur un cheval bloqué, c’est de la maltraitance. 

De même, ce sont les épaules qui freinent le mouvement en avant. Il faut donc commencer par les libérer et les assouplir. C’est pour cela que le mouvement en avant vient après la souplesse.

On voit trop de jeunes chevaux qui n’avancent qu’à coups de cravache car leurs épaules sont bloquées ou douloureuses. 

Je suis Laurent FUMET auteur du livre « 41 mensonges équestres qui vous empêchent de progresser« . J’accompagne les cavaliers à mieux comprendre et respecter leurs chevaux grâce à la méthode des 3P (Physique, Psychique, Pratique).

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Une réponse à “Le mouvement en avant”

  1. Bonjour Laurent, amusant ta réflexion sur l’impulsion tout à fait d’accord avec toi la souplesse prime le mouvement en avant. Amusant car hier je montais un cheval au débourrage pour la première fois, après lui avoir appris la flexion latérale de l’encolure (rêne d’ouverture) et la flexion latérale de la nuque(rêne d’appui) je le mis en mouvement au pas et comme son pas était très lent et très calme je pouvais le diriger parfaitement et en plus il s’incurvait très facilement sur le cercle et même sur la volte et je me dit que l’impulsion n’était vraiment pas importante au début du travail et qu’elle viendrait quand le cheval serait prêt.


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